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Les métiers des services à la personne ont enfin une convention collective

27.01.2012, source : Les Echos.fr

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Les deux fédérations professionnelles ont signé, lundi 23 janvier, une convention collective avec les syndicats CFTC et CFE-CGC. Elle va contribuer à structurer le secteur, handicapé par un climat d’incertitude sur le plan fiscal.

Salariés et chefs d’entreprise de services à la personne disposent enfin d’une convention collective nationale. Après des années de négociation, la Fédération du service aux particuliers (FESP) et la Fédération des services à la personne et de proximité (Fedesap) ont signé, lundi, avec la CFE-CGC et la CFTC un texte commun. « C’est une étape décisive dans la sécurisation du cadre de travail et dans la structuration en cours d’un secteur qui a créé en quelques années 450.000 emplois », estime Maxime Aïach, président de la FESP et PDG d’Acadomia.

Selon lui, la convention reconnaît les spécificités d’un secteur aux multiples visages  « avec 21 métiers différents : ménage, garde d’enfants, soutien scolaire, travaux et jardinage, dépendance... » Cette diversité génère des besoins « à la fois de sécurité et de flexibilité ». Les partenaires sociaux ont donc dû transiger entre efforts nécessaires en matière de rémunération et adaptation du temps de travail, ou encore dispositifs antiprécarité et large accès des salariés à la formation professionnelle.


Lot d’incertitudes

La signature de la convention, qui s’appliquera après l’adoption de l’arrêté d’extension par le ministère du Travail (donc probablement pas avant janvier 2013), intervient alors que « 2011 a généré son lot d’incertitudes », souligne Maxime Aïach. « Il faut piloter avec un cadre fiscal en perpétuelle discussion quand la gestion de nos entreprises impose déjà de jongler avec des réglementations disparates », déplore le dirigeant. Dès lors, le passage d’une TVA de 5,5 % à 7 % n’a rien arrangé. « Nous comprenons les contraintes des pouvoirs publics. Pour autant, cela représente de 6 à 7 points de notre résultat d’exploitation ; pas si simple de le répercuter sur le particulier ! », poursuit le président de la FESP.


En témoigne Guillaume Richard, PDG de O2, dont les trois quarts de l’activité s’exercent dans le ménage, le reste dans la garde d’enfants, avant de se lancer dans l’aide aux seniors. Au 1er janvier 2011, la suppression des exonérations dites Borloo sur les bas salaires lui a coûté 6,5 millions d’euros de charges supplémentaires, à rapporter à un chiffre d’affaires de 77 millions. Du coup, « malgré un chiffre d’affaires en progression de 30 % l’an dernier, nous avons enregistré un résultat négatif alors qu’il était positif en 2010 », indique le PDG de O2.


Un grand potentiel

Préoccupée par l’instabilité réglementaire persistante, la FESP rappelle l’intérêt de ces services pour intégrer les personnes peu qualifiées. Le secteur a ainsi créé cette année une vingtaine de centres de formation des apprentis, qui ont accueilli un millier de personnes. Il se dit prêt à embaucher encore 100.000 personnes dans les années à venir et à soumettre la qualité de ses services à des évaluations, mais réclame à Bercy et au ministère du Travail une clarification des règles du jeu.


« L’Etat ne doit pas oublier que nous opérons une vraie lutte contre le travail au noir », observe Maxime Aïach. Consolation : la crise ne devrait pas impacter les services à la personne, « tant le potentiel de croissance du marché est grand », estime Guillaume Richard.


Martine ROBERT, Les Echos, 25/01/2012

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