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Les Labrunye, blanchisseurs de père en fils

10.05.2010, source : Les Echos.fr

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Teinturiers-blanchisseurs depuis le milieu du XIXe siècle, les Labrunye lavent aujourd'hui le linge personnel des pensionnaires des maisons de retraite.


Thomas Labrunye, trente-neuf ans, qui vient de fonder Bulle de Linge, une société spécialisée dans le lavage des effets personnels des pensionnaires de maisons de retraite, est l'héritier d'une longue lignée de teinturiers-blanchisseurs. L'activité a été créée vers 1860 à Limoges par Alpinien Labrunye, le quadrisaïeul de Thomas, avant d'être transférée à la fin du XIXe siècle en Normandie à Sotteville-lès-Rouen. En 1944, le site sottevillais est ravagé par des bombardements et l'activité migre dans une ancienne usine d'apprêt des étoffes de 7 000 mètres carrés à Darnétal, toujours dans la banlieue de Rouen. Les Labrunye se spécialisent ensuite dans la location de linge avec Régie Linge Développement (RLD) et le pressing pour le particulier, en tant que franchisés au sein du groupe Cinq à Sec. La famille se désengage dans les années 2000 de ces deux entreprises mais reste dans le métier. Thomas Labrunye, qui représente la sixième génération, a été formé à l'Ecole supérieure de commerce de Rouen. Après un passage dans le cabinet d'audit Arthur Andersen, il rejoint Cinq à Sec, dont il devient le responsable en Espagne puis le directeur général en France. En 2007, il quitte ce groupe et fonde avec son père, Francis, Bulle de Linge, dont ils implantent le siège à Bois-Guillaume, au nord de Rouen. « Notre service répond à un besoin des personnes âgées et de leurs familles qui ira grandissant et qui n'était que partiellement satisfait, faute d'offre structurée », assure Thomas Labrunye. Il ouvre une première usine à Bourg-Achard (Eure) pour rayonner sur les deux Normandies et l'Ouest parisien puis cinq autres à Blaye (Gironde), Brignoles (Var), Crépy-en-Valois (Oise), Montargis (Loiret) et Saint-Vulba (Rhône). Les suivantes devraient voir le jour, dès 2010, dans les environs de Rennes et de Toulouse.

Chaque usine coûte environ 1,5 million d'euros pour une cinquantaine d'emplois créés à terme et peut traiter le linge de 5 000 résidents. Dans ces unités flambant neuves, le linge est décontaminé, lavé, séché et repassé, et la traçabilité assurée par des codes-barres apposés sur chaque effet. Bulle de Linge passe deux fois par semaine dans les maisons de retraite clientes pour chercher le linge sale en vrac et déposer le propre rangé par petits paquets individuels. « Cette niche se situe entre le pressing pour le particulier et la grande blanchisserie industrielle », assure Thomas Labrunye. Malgré la crise, le jeune dirigeant espère doubler en 2010 son chiffre d'affaires, qui pourrait atteindre les 6 millions d'euros pour 200 salariés. L'équilibre devrait être atteint en 2012 avec un chiffre d'affaires de 16 millions d'euros pour 360 salariés. A cet horizon, la société devrait être présente sur l'ensemble du territoire.


Dominique Aubin, Les Echos, 06.05.2010

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