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Les Français prévoient de réduire leurs dépenses courantes début 2011

27.12.2010, source : Les Echos.fr

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L'édition de décembre du Baromètre des projets des Français réalisé par Viavoice en partenariat avec la BPCE, France Info et « Les Echos » pointe un retour au pessimisme après le sursaut lié aux fêtes de fin d'année. Une prudence qu'alimentent les craintes en matière de pouvoir d'achat.


Quelles seront les dépenses des Français en 2011 ? C'est la question posée à un échantillon représentatif de la population ce mois par l'institut Viavoice dans le cadre du Baromètre des projets des Français réalisé en partenariat avec la BPCE, France Info et « Les Echos ».


« La question est décisive, car si la croissance est depuis quelques mois soutenue par la consommation des ménages, la conjoncture pourrait s'inverser sous l'effet de plusieurs facteurs : la stagnation des salaires et du pouvoir d'achat, la hausse des prélèvements obligatoires avec la réduction des niches fiscales et la fin de la prime à la casse dans le secteur automobile », résume François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice.


La réponse, qui intéresse les fabricants de produits de consommation et leurs distributeurs, est sans équivoque : les perspectives de dépenses des Français en matière de consommation courante, comme l'alimentation et le textile, s'orientent à la baisse. Concrètement, 35 % des personnes interrogées envisagent de « dépenser moins » au cours du premier trimestre 2001, soit une hausse de 7 points par rapport aux données de novembre. Seuls 9 % des Français prévoient de dépenser plus et 53 % dépenseront autant que ces dernières semaines. Selon l'enquête, la hausse du nombre des candidats aux économies se répartit assez uniformément dans toutes les catégories socioprofessionnelles : cadres (17 %, + 7), ouvriers (44 %, + 9), retraités (41 %, + 11).


Pessimisme

Ces données sont renforcées par le fait qu'aux questions plus précises portant sur les intentions d'achat de produits plus importants et plus impliquants, les réponses ne sont pas plus positives. Ainsi, seuls 3 % des personnes interrogées envisagent un achat immobilier (maison ou appartement) dans les trois mois. Et si les perspectives d'acquisition de voitures progressent légèrement, de 2 points, par rapport à novembre, elles ne concernent encore que 7 % des sondés. Après la suppression très médiatisée de la fin de la prime à la casse, il faudra vérifier la réelle orientation du marché en 2011.


Au total, l'indice synthétique des intentions de dépenses des Français perd 17 points par rapport au mois dernier, pour s'établir à 63 et atteindre ainsi son étiage depuis la création du baromètre en octobre.


Il existe deux explications majeures à cette tendance. La première consiste en la fin de l'effet d'aubaine généré par les fêtes de fin d'année : le mois de novembre avait donné lieu à une augmentation compréhensible des intentions de dépenses en vue des fêtes de Noël et du jour de l'an. Les données enregistrées ensuite correspondent pour l'essentiel à un retour à la « normale » et au niveau du mois d'octobre, sans amélioration particulière.


Le second facteur est celui d'un pessimisme en matière de pouvoir d'achat : « Une majorité relative de Français estime toujours que leur pouvoir d'achat "va diminuer" (42 % ), et cette proportion est en progression par rapport au mois dernier (+ 3). Il existe certes une petite minorité pour anticiper une augmentation de son pouvoir d'achat (13 % ), et dont le volume est en progression (+ 3), mais cette part d'amélioration ne suffit pas, bien évidemment, à nourrir un regain d'optimisme général », notent les auteurs de l'étude.


Ces enseignements entrent en résonance avec la dernière note de conjoncture de l'Insee, laquelle prévoit pour le premier semestre 2011 un ralentissement de la hausse des salaires et du pouvoir d'achat (+ 0,9 % après 1,2 % au second semestre 2010).


Philippe BERTRAND, Les Echos, 23.12.2010
 

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