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Les foncières vont investir 17 milliards d'euros d'ici à cinq ans

14.11.2012, source : Les Echos.fr

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Christophe Kullmann prend la présidence de la fédération des sociétés immobilières et foncières dans un contexte fiscalement agité.

Peu connues, les sociétés d’investissement immobilier pèsent néanmoins lourd dans l’économie. « Les foncières ne sont pas là que pour détenir des immeubles, elles sont un acteur économique et prennent des risques aux côtés des collectivités locales, comme pour le quartier d’affaires Euromed à Marseille ou le centre commercial du Millénaire à Aubervilliers », souligne Christophe Kullmann, directeur général de Foncière des Régions. Nommé hier président de la Fédération des Sociétés Immobilières et Foncières (FSIF), il veut donner de la visibilité au secteur.

« Les sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC) ont 17 milliards d’euros de projets immobiliers livrables dans les cinq prochaines années », insiste-t-il. Ces investissements devraient générer l’équivalent de 88.000 emplois par an dans le bâtiment et 34.000 dans le commerce (via l’immobilier commercial construit), selon l’étude commandée par la FSIF à PwC. Ses résultats figureront dans le premier numéro de la revue de la fédération, qui sera envoyé aux élus français d’ici à une semaine.

Régime fiscal très spécifique

Le nouveau gouvernement, lui, semble peu sensible aux charmes des SIIC et de leur régime fiscal très spécifique, appliqué dans 35 pays. Elles sont exonérées d’impôt sur les sociétés mais doivent distribuer au moins 85 % de leurs bénéfices en dividendes, ce qui reporte la fiscalité sur les actionnaires. En France, elles viennent néanmoins d’être assujetties à la taxe à la source de 3 % sur les dividendes versés... « Depuis l’an dernier, un particulier ne peut plus acheter d’actions de SIIC dans le cadre d’un PEA, or les particuliers achètent surtout des actions via ce support, cela pénalise donc les SIIC, regrette Christophe Kullmann. Il aurait mieux valu que le dividende versé par une SIIC à un actionnaire dans le cadre d’un PEA fasse l’objet d’un prélèvement à la source » et que les SIIC restent éligibles au PEA, afin de garder de la visibilité auprès des particuliers. C’est un des chantiers qu’il faudra sans doute ouvrir dans le futur dialogue avec les pouvoirs publics.

En revanche, le risque que la ministre du Logement oblige les foncières à investir de nouveau dans les logements, dont elles se sont désengagées (hormis Gecina) car ils sont moins rentables que les bureaux, semble écarté. « Cécile Duflot a parlé d’incitation, pas d’obligation, d’ailleurs, les OPCI et les SCPI sont aujourd’hui des investisseurs intéressés par le logement », rappelle le nouveau président de la FSIF. « Aujourd’hui, le gouvernement britannique réfléchit à la création d’une catégorie de SIIC purement dédiées à l’immobilier résidentiel », poursuit Christophe Kullmann. Reste à voir si l’exemple anglais fera école.

Myriam CHAUVOT, Les Echos, 07/11/2012

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