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Les entrées de ville servent toujours de laboratoires pour les promoteurs

21.11.2010, source : Les Echos.fr

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Plus rapides à construire et plus rentables que les centres classiques, les zones d'activités commerciales prolifèrent.


Tout le monde connaît ces entrées de ville défigurées, ces grandes « boîtes » entourées de parkings posées les unes à côté des autres le long d'une route nationale. Ces hérésies urbanistiques sont souvent de beaux succès commerciaux attirant des enseignes d'entrée de gamme ou des discounters sur de très grandes surfaces. C'est pourquoi, depuis le début des années 2000, des groupes structurés, foncières et promoteurs spécialisés, s'y intéressent.


Ces zones d'activités commerciales ont redoré leur blason en changeant de nom et de structure de gestion. Les « retail parks » appartiennent à un seul propriétaire, qui les gère comme un centre commercial à quelques différences près : les surfaces proposées y sont beaucoup plus vastes, jusqu'à plusieurs milliers de mètres carrés, les loyers, de 90 à 200 euros par mètre carré par an, sont trois à quatre fois moins élevés, les charges moins lourdes, de 12 à 15 euros par mètre carré et par an contre 60 euros, puisque ces lieux sont dépourvus de parties communes couvertes. L'addition est encore allégée par une construction moins sophistiquée, sans infrastructure.


Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ces sites des actifs rentables dès lors qu'ils dépassent le seuil critique de 50.000 mètres carrés. Ils commencent même à attirer des enseignes de centre-ville. « Ces zones sont identifiées comme des endroits où l'on se rend en voiture, pour faire ses courses pour moins cher, confirme Philippe Journo, président de la Compagnie de Phalsbourg qui vient de poser la première pierre de L'Atoll, à Angers (91.000 mètres carrés). Ce n'est pas une raison pour y encourager la laideur. » Les Family Village d'Altarea-Cogedim ou les Green Center de Frey soignent l'architecture et les parkings.


Vaste marché

Ces entreprises ont toutes les raisons de croire en l'avenir, même si certaines zones sont saturées et que des ouvertures récentes, à Sénart ou à Cesson, ont été des flops : plus de 55 % des surfaces autorisées en périphérie sont des « retail parks ». Le marché de la restructuration des zones existantes est encore plus vaste, mais le chemin est long pour racheter des bâtiments et des parcelles, les remembrer, les reconstruire et les relouer. A la Croix-Blanche, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne, Philippe Journo a mis quinze ans avant d'arriver à ses fins.


Catherine SABBAH, Les Echos, 18.11.2010
 

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