Les dirigeants de PME un peu plus optimistes

08.08.2014, source : Les Echos.fr

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Une enquête de Bpifrance montre des signes d’embellie. L’écart se creuse entre les PME qui sortent de la crise et celles qui s’y enfoncent.
 

Il vaut mieux être une PME innovante, exportatrice et de grande taille que le contraire. La force de ce truisme que répète depuis quelques éditions l’enquête semestrielle de conjoncture de Bpifrance n’a jamais été aussi criante. La dernière étude auprès de 4 000 dirigeants de PME et de TPE, sur 28 000 entreprises de 1 à 249 salariés sollicitées, révèle un écart de plus en plus flagrant entre les entreprises qui sortent le nez de la crise et celles qui s’y enfoncent. « La 59e édition de notre enquête montre des signes évidents de reprise mais celle-ci ne se diffuse pas à l’ensemble de l’économie » traduit Philippe Mutricy, directeur du service d’étude Le Lab de la banque publique.

La prévision de chiffre d’affaires, d’embauches ou d’investissement des patrons est surtout positive pour les PME travaillant dans l’industrie, les services à l’industrie et de manière générale les secteurs BtoB. En revanche, les dirigeants dans le BtoC, le tourisme ou le bâtiment se montrent pessimistes sur l’avenir à court terme de leur entreprise.

On retrouve un même contraste, selon la taille des entreprises, avec des TPE particulièrement inquiètes de leurs performances pour 2014. Enfin, les anticipations sont d’autant meilleures que la PME exporte et joue l’innovation. Ces deux catégories anticipent une croissance de 3 % cette année après un exercice stable sur 2013. « On sent bien que les PME peu innovantes qui parvenaient à résister dans un contexte de croissance moyenne n’y arrivent plus aujourd’hui », interprète Philippe Mutricy. D’après lui, cette perception des dirigeants est confirmée par les chargés d’affaires de terrain de la banque publique.

Investissements en berne

Cette nouvelle enquête se distingue, néanmoins, de la précédente par une petite embellie. Le solde entre les dirigeants optimistes et pessimistes est devenu positif. Sur l’emploi par exemple, le pourcentage des patrons comptant embaucher est de 2 points supérieur à la part de ceux prévoyant de réduire leurs effectifs. Un solde positif mais loin des 8,2 points de la moyenne de long terme. Autre signe de reprise, les problèmes de trésorerie s’atténuent pour 60 % des sociétés interrogées. Là encore, cette amélioration concerne surtout des tailles supérieures à 50 employés.

Seule ombre générale au tableau, les PME ne sont pas prêtes à investir. 31 % d’entre elles prévoient une baisse des investissements, contre 22 % qui anticipent au contraire une progression.

Difficile, pour autant, de faire entièrement confiance aux dons de divination des chefs d’entreprise. Début juillet, Bpifrance a sorti une étude sur dix ans d’enquête de conjoncture . Résultat : « Seuls 34 % des chefs d’entreprise en moyenne anticipent correctement l’évolution de leur chiffre d’affaires. » Le Lab va essayer de corréler, d’ici à la fin de l’année, la performance d’une entreprise et le talent de prévisionniste de son dirigeant.

Matthieu QUIRET, Les Echos, 30/07/2014.

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