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Les défaillances de grosses PME pèsent sur l'emploi

24.04.2013, source : Les Echos.fr

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Près de 16.000 défaillances d’entreprise au premier trimestre, selon Altares. La panne de consommation affecte les services aux particuliers.

Bien des entreprises ont du mal à tenir le choc d’une crise qui n’en finit plus. Pas moins de 15.889 procédures de redressements ou de liquidations judiciaires directes ont été prononcées par les tribunaux de commerce au premier trimestre, comptabilise Altares dans son bilan publié aujourd’hui. Cela représente une baisse de 2,3 % par rapport à la même période de l’an dernier. Après le net rebond de la fin 2012 (+ 13 % ), « cette amélioration, même modeste, sonne comme un encouragement à ne pas baisser les bras », relève Thierry Millon, responsable des analyses de la société spécialisée dans l’information sur les entreprises.

Mais les motifs de satisfaction s’arrêtent là. D’abord, car le volume reste très élevé. En ajoutant les quelque 400 procédures de sauvegarde, le nombre de défaillances reste bloqué au-dessus du seuil des 16.000, franchi en 2009. Ensuite, car le reflux du début d’année ne concerne quasiment que les micro-entreprises sans salarié (- 12,8 % ). N’ayant, par définition, pas de salaires à verser, celles-ci sont plus aptes à gérer les mauvaises passes. Si les microentreprises sont moins nombreuses à déposer le bilan, c’est aussi parce qu’elles sont moins nombreuses tout court. Autrement dit, la crise freine les créations d’entreprise (hors entrepreneurs) ce qui, par conséquent, limite le nombre de défaillances des plus jeunes. Le repli est donc, en partie, technique.

Dernier motif venant assombrir le tableau, la tendance est toujours dans le rouge pour les « grosses » PME. Les défaillances d’entreprises de plus de 50 salariés ont augmenté de 12 % par rapport à un premier trimestre 2012 qui avait déjà été très sinistré (+ 14 % ). Parmi elles, les magasins Virgin, le groupe d’abattage de porcs Gad (tous deux placés en redressement) ou encore Spanghero, la société au coeur du scandale de la viande de cheval, placée en sauvegarde en février (avant d’être mise en liquidation vendredi dernier).

Conséquences sociales

Les grosses PME pèsent peu dans le volume global des défaillances, mais sont lourdes de conséquences sur le plan social. « Ces PME défaillantes au premier trimestre représentent plus de 20.000 emplois directs et pèsent 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires », indique Thierry Millon, qui observe que neuf sur dix échappent toutefois à la liquidation directe. « Les PME en cessation de paiement sont moins des sociétés faisant face à un brutal effondrement des carnets de commandes, comme ce fut le cas en 2009, que des sociétés en manque de financement », poursuit-il.

De même, alors que la sinistralité se concentrait beaucoup, en 2009-2010 sur l’industrie et les secteurs interentreprises, ce sont aujourd’hui les métiers vers les particuliers qui sont en souffrance. Et pour cause : avec un pouvoir d’achat en berne, les Français sont contraints de faire des arbitrages dans leurs dépenses.

Les défaillances de salons de coiffure et de soins de beauté bondissent de 11 % et de 14 %  respectivement. La restauration souffre aussi (+ 2,3 % ), et notamment la restauration traditionnelle. L’agroalimentaire est également touché, notamment la boulangerie-pâtisserie. Quant au retournement du marché de l’immobilier, il fait défaillir les agences (+ 24 % ) et fait peser un risque sur le bâtiment. Inversement, l’industrie manufacturière, qui avait fortement souffert en début de crise, reste mieux orientée (- 4 % ).

Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 23/04/2013

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