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Les constructeurs auto s'insurgent face à l' « incohérence » du rapport de l'autorité de la concurrence

13.10.2012, source : Les Echos.fr

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Si les représentants des réparateurs indépendants estiment avoir été entendus, ceux des constructeurs dénoncent des « erreurs d’analyse ».

Réactions très partagées chez les professionnels du secteur à . La Fédération des syndicats de la distribution automobile (Feda), qui coiffe les garagistes indépendants et les chaînes spécialisées type Norauto, et qui se bat de longue date dans le même sens que l’Autorité de la concurrence, « approuve pleinement ces recommandations, qu’elle appelle de ses voeux depuis de nombreuses années et qui sont de nature à restaurer le pouvoir d’achat des automobilistes, à dynamiser l’activité économique de la filière et à créer de nouveaux emplois ».

Que de temps perdu, selon la Feda, qui « regrette que la suppression du monopole sur les pièces captives, préconisée par l’Autorité, votée en 2007 par le Parlement européen et adoptée sous la forme d’une « clause de réparation » par de nombreux membres de l’UE, ait pris un tel retard dans notre pays ».

Mais, dans le camp d’en face, on n’hésite pas à sortir le bazooka contre ce travail jugé totalement à côté de la plaque. Le CCFA (le syndicat professionnel regroupant PSA et Renault), la CSIAM (les marques de voiture étrangères) et le CNPA, défenseur des concessionnaires et réparateurs officiels, dénoncent en coeur « l’incohérence et les erreurs d’analyse du rapport de l’Autorité de la concurrence ». Selon ces trois sources, ce travail repose sur de sérieuses erreurs d’analyse. « Les préconisations erronées et irréalistes de l’Autorité de la concurrence n’apporteraient aucun bénéfice pour les consommateurs et porteraient gravement préjudice à la filière automobile française, à l’activité et à l’emploi. Par ailleurs, l’étalement dans le temps de ces mauvaises préconisations ne les rend pas plus pertinentes. Le fait d’étaler la suppression sur quatre à cinq ans, ne change rien : une décision absurde ne devient pas meilleure parce qu’on l’étale dans le temps ! », jugent les trois organisations professionnelles.

« Erreur de compréhension »

Toujours selon le CCFA, la CSIAM et le CNPA, la concurrence est en réalité déjà vive dans la réparation : les réseaux agréés des constructeurs perdent régulièrement des parts de marché au profit des indépendants (7 points perdus en sept ans). « Avec un diagnostic de départ erroné, les recommandations de l’Autorité de la concurrence sont donc totalement injustifiées. Les évolutions de prix dans l’après-vente automobile, qui placeraient la France comme le mauvais élève de l’Europe, résultent en fait d’une erreur de compréhension des statistiques par les rapporteurs », avancent les organisations patronales, qui pointent la non-comparabilité de certains indices Eurostat.

Pour elles, la recommandation principale d’abrogation de la protection du design des pièces protégées de carrosserie « est un non-sens complet qui n’apporterait rien aux consommateurs, réduirait l’offre de services et désavantagerait la France par rapport aux grandes puissances économiques qui protègent les pièces de carrosserie. »

Pour les représentants des constructeurs, la protection du design permet de rémunérer l’innovation, qui inclut notamment le style des véhicules, mais aussi ses éléments de sécurité. Si cet avis était suivi, quelque 2.200 emplois seraient en jeu dans la filière industrielle, martèlent-ils.

Denis FAINSILBER, Les Echos, 08/10/2012

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