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Les commerces de déstockage prospèrent grâce à la crise

18.05.2013, source : Les Echos.fr

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Ils rachètent aux industriels leurs fins de séries pour les proposer à bas prix aux consommateurs. Deux enseignes, Noz et Stockomani, s’assurent une croissance à deux chiffres, crise ou pas.

Dans ce magasin Noz, en périphérie nantaise, un lot de chaussures côtoie un bac de biscuits. Juste à côté, on trouve, sans plus de cohérence, un alignement de caissons remplis de tasses, de jouets, un lot de foulards, des maillots de bain… « Nous sommes avant tout des acheteurs », précise Rémy Adrion, le PDG de l’enseigne, basée en Mayenne. « La différence avec d’autres discounters tient au fait que nous n’achetons que des produits déjà fabriqués et qui n’ont pas été vendus car il s’agit de fins de séries, de changements de gammes, d’annulations de commandes, ou d’invendus en raison d’une météo non favorable. » Ce modèle n’a pas bougé depuis la création de Noz, il y a trente-sept ans. La société mayennaise rachète et écoule des productions restant sur les bras des industriels. « Mais notre particularité, c’est d’avoir systématisé et industrialisé le process avec des contacts réguliers avec les industriels, poursuit le dirigeant. En fait, le fournisseur est notre client. Nous avons environ 45.000 fournisseurs dans nos fichiers, bien que nous travaillions régulièrement avec 4.500 d’entre eux. » La crise accroît-elle la fréquentation ? « Depuis l’origine, je n’ai jamais constaté de différence entre les périodes de crise ou de croissance », répond Rémy Adrion. « Les consommateurs plus aisés viennent aussi chez nous se faire plaisir. Nous sommes un peu comme un parc d’attractions. »

600 recrutements prévus en 2013

L’entreprise poursuit une croissance à pas réguliers. Elle a été de 15 % en 2012, portant le chiffre d’affaires à près de 340 millions d’euros, et une progression comparable est prévue cette année avec la création de 25 magasins, s’ajoutant aux 208 existants. Ces points de vente sont desservis par cinq plates-formes, trois autres étant en projet et le rythme de 600 recrutements devrait être tenu cette année. Pour Rémy Adrion, le potentiel pour la marque est d’environ 700 points de vente en France. Le groupe emploie 3.000 salariés, dont 450 dans son nouveau siège de Saint-Berthevin, près de Laval, véritable petit campus concentrant les fonctions achat, marketing, finance, etc.

Parmi les principaux challengers de Noz, figure Stockomani. Fondée à Creil (Oise) en 1961 par un ancien marchand forain, l’enseigne s’est développée en proposant toujours plus de produits dans les domaines de la maison, du jouet, de l’hygiène-beauté ou de l’habillement. Désormais, elle commercialise quelque 20.000 références dans un réseau d’une quarantaine de magasins en France. Là encore, « Stokomani répond à un double besoin : celui du grand public qui veut acheter malin et celui des industriels qui souhaitent trouver une solution fiable pour valoriser leurs fins de séries », explique le groupe. Depuis dix ans, l’entreprise connaît une croissance continue pour atteindre un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2012, contre 50 millions d’euros en 2003. Pour étayer son développement, Stockomani a totalement réorganisé son activité logistique. En 2012, le groupe a investi 500.000 euros dans une plate-forme logistique de 22.000 m 2 à Longueil-Sainte-Marie (Oise), capable de traiter quelque 60.000 colis par semaine. De quoi accompagner les ambitions du groupe qui veut disposer de 15 nouveaux points de vente d’ici à 2015 et franchir, à cette échéance, la barre des 300 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Emmanuel Guimard et Guillaume Roussange, Les Echos, 16/05/2013

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