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Les chefs d'entreprise font preuve d'un bel optimisme pour 2011

29.01.2011, source : Les Echos.fr

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L'enquête de PricewaterhouseCoopers auprès des chefs d'entreprise révèle un décalage entre leur confiance en la croissance mondiale et les évolutions macroéconomiques.

Présentée dans le cadre du Forum de Davos, la dernière enquête de PricewaterhouseCoopers sur les priorités des chefs d'entreprise réserve un résultat surprenant. Les quelque 1.200 patrons de firmes de toutes tailles issues de 69 pays différents font preuve d'un moral d'acier. « Ce qui est impressionnant est le retour de l'optimisme sur les douze prochains mois », souligne Etienne Boris, le directeur général de PwC chargé du développement en France.

La confiance est quasi revenue au niveau d'avant-crise, avec 88 % des responsables interrogés ayant exprimé une opinion positive sur la croissance de cette année, contre 81 % un an plus tôt. A l'échéance de trois ans, ce pourcentage augmente encore, à 94 % des personnes interrogées. « Un décalage émerge clairement entre les équilibres macroéconomiques et ce que vivent les chefs d'entreprise, notamment en Asie, où l'on assiste à l'émergence d'une nouvelle classe moyenne », enchaîne le dirigeant de PwC. Intacte, la confiance des chefs d'entreprise n'en est pas moins lucide, précise-t-il. Ces derniers adhèrent à la vision d'une croissance mondiale à deux vitesses. Ils placent la Chine, l'Inde et le Brésil en tête des pays à fort potentiel de croissance. Mais, plus étonnant, les Etats-Unis sont hissés au deuxième rang des nations les mieux placées.


« Une croissance différente »

Une certaine prudence continue en revanche de régner chez les chefs d'entreprise européens. Ils ne sont que 39 % à afficher un optimisme d'airain à l'horizon d'un an, contre 54 % de leurs collègues asiatiques. Le sondage indique aussi que les patrons se focalisent de plus en plus sur les moyens de l'expansion de leurs activités. Si, auparavant, la première préoccupation était celle de la réduction des coûts et de l'accès au marché des capitaux, aujourd'hui, la qualité de la croissance s'impose au coeur de leurs réflexions. « Ils veulent une croissance différente, bonne, fondée sur le développement social, la valorisation des talents, l'innovation et la multiplication des partenariats public/privé », résume Etienne Boris. La chasse aux personnels qualifiés est ouverte. Quelque 51 % des responsables ayant participé à l'enquête comptent recruter « de façon importante au cours des douze prochains mois ».

L'innovation mobilise une part importante de leur énergie. Et pas seulement l'innovation dans les produits et les services mais aussi l'innovation dans les méthodes de production, la gestion et l'organisation. Sur le plan des risques, les trois quarts des patrons interrogés placent en tête « les incertitudes et la volatilité de la conjoncture économique ». Suivent les problèmes liés à la maîtrise de la dette publique et à des réglementations trop astreignantes.

Massimo PRANDI, Les Echos, 26/01/2011

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