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Les « business angels » veulent séduire les cadres salariés et les jeunes investisseurs

01.12.2011, source : Les Echos.fr

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France Angels, la tête des réseaux d’investisseurs individuels dans les entreprises en début de développement, lance ce matin la semaine des « business angels ». Alors que les banques et les assureurs quittent le capital-risque, elle veut se donner plus de moyens.

Les banques et les assureurs ferment les vannes dans le capital-risque, la sphère publique se désengage... France Angels prend le contre-pied. La fédération d’investisseurs individuels dans les jeunes entreprises, qui, ces cinq dernières années, a financé 1.500 entreprises pour 200 millions d’euros, donne le coup d’envoi ce matin à la semaine des « business angels ». Objectif : démystifier l’image du « serial entrepreneur » qui essaime, en fin de période active, ses fonds gagnés à la revente de son entreprise dans les sociétés en lancement, et ouvrir ses réseaux aux épargnants aux cadres salariés aux plus jeunes générations.

« Les ‘‘business angels’’ doivent prendre le relais, indique Philippe Gluntz, son président. Les entreprises rencontrent un vrai problème de financement et le modèle des fonds de capital-risque est ancien, et marche de moins en moins bien avec la crise : ils investissent dans des sociétés de plus en plus mûres, ou dans des entreprises dans lesquelles ils ont déjà investies. Les ‘‘business angels’’ investissent, eux, 200.000 euros par entreprise avec un risque sur deux de perdre leur mise. C’est un investissement et une démarche citoyenne pour créer des emplois près de chez soi. »

De plus en plus, le réseau s’ouvre aux salariés en activité, qui investissent moins de 50.000 euros par an, voire rien, mais qui, forts de leur compétence, donnent de leur temps à l’accompagnement des entreprises. Les exemples ne manquent pas. Jeune « business angel », Céline Lippi, après avoir dirigé NEC Philips, vient d’investir dans une start-up Internet. « La taille minimale de ticket à investir et variable et peut atteindre 5.000 euros pour les plus petits. C’est moins la participation individuelle qui importe que l’enveloppe globale que l’on lève à plusieurs. Plus que de placer ses fonds dans du Livret A passivement, l’intérêt est de soutenir la dynamique économique dans les start-up et l’emploi. il est compliqué pour les porteurs de projets en phase d’amorçage d’avoir un soutien bancaire, les fonds n’intervenant que dans le développement de ‘‘start-up’’ confirmées. »


Motivation fiscale

Chez les 4.500 « business angels », la fourchette d’âge s’étale entre 23 et 83 ans, 60 % ayant plus de 50 ans. Ils sont à 55 % encore en activité, comme le patron de H3C Energies, Jean-Louis Brunet ; ont revendu leur entreprise tel Louis-Pierre Perrazi afin de poursuivre la prise de risque ; et 30 % sont à la retraite à l’instar de José Massol, le président du réseau méditerranéen.


Reste la motivation fiscale, après les dérives de la loi Tepa. « Contrairement à l’idée reçue, la moitié seulement des membres de France Angels sont imposés à l’ISF », indique Philippe Gluntz. A cet égard, France Angels veut d’ailleurs passer à la vitesse supérieure et professionaliser les investisseurs pour créer un statut de « business angels ». Un label qui permettrait de mieux flécher les avantages fiscaux vers les investisseurs qui accompagnent véritablement les entreprises de proximité.


Anne DRIF, Les Echos, 28/11/2011

 

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