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Les banques françaises consacreront 96 milliards au financement des PME en 2010

09.03.2010, source : Les Echos.fr

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Les cinq principales banques françaises se sont engagées, vendredi, lors d'une réunion à l'Elysée, à mettre à disposition des TPE-PME une enveloppe de 96 milliards d'euros. Sur ce montant, 58 milliards seront dédiés aux crédits de trésorerie, soit 3 % de plus qu'en 2009. Aucun objectif de croissance des encours n'a été fixé, contrairement à la fin 2008.


Finalement, ce sera 96 milliards. Près d'un mois après s'être engagées à mettre à disposition des TPE et des PME une enveloppe de 38 milliards d'euros de crédits à moyen et long terme, les cinq principales banques françaises ont accepté de leur accorder 58 milliards de plus en crédits de trésorerie (y compris les renouvellements de lignes existantes). Au total, ce sont donc 96 milliards qui seront spécifiquement consacrés au financement des TPE-PME en 2010, hors secteur agricole, dans les cinq banques (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel), soit une hausse d'un peu plus de 3 % par rapport à l'an dernier.


Les banques françaises ont pris cet engagement vendredi, au cours d'une réunion à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy, qui les avait rappelées à l'ordre en février, les accusant de « serrer la vis  » sur le crédit aux entreprises. Les services du médiateur du crédit, Gérard Rameix, avaient ensuite pointé la « prudence excessive  » des banques en matière de crédit aux PME et critiqué les délais de traitement des petits dossiers.


Le président de la Fédération bancaire française (FBF) Baudouin Prot a précisé vendredi que « chacun des cinq réseaux connaît sa part dans ces chiffres et la mise en oeuvre de ces enveloppes fera l'objet d'un suivi au cours de l'année  ».


Contrairement aux engagements pris fin 2008 par les banques, il s'agit cette fois d'une enveloppe mise à disposition et non d'un objectif de croissance des encours, auquel Bercy était initalement attaché. Les 96 milliards n'ont pas forcément vocation à être utilisés à 100 % par les entreprises. « L'enveloppe mise à disposition est supérieure à 2009, mais cela ne veut pas dire que les entreprises vont l'utiliser entièrement, commente Ariane Obolensky, directrice générale de la FBF. Nous n'avons pas de prise sur la demande des entreprises, qui est très dépendante de l'évolution de la conjoncture. C'est pour cela que nous ne nous engageons pas sur une hausse des encours. Nous sommes dans une logique d'offre.  » Et de rappeler que « nous ne sommes plus dans un contexte de plan de soutien au financement de l'économie  », comme à la fin de 2008. En janvier, selon les chiffres de la Banque de France, les encours de crédit aux PME ont crû de 1 %, à 268,6 milliards d'euros sur un an, mais les encours de crédits de trésorerie aux PME ont reculé de 8,1 %.


Les banques n'ont pas pris d'engagement sur les tarifs de ces crédits, notamment sur les crédits de trésorerie. Pour la FBF, le coût du crédit est moins un problème pour les PME que l'accès au crédit.


Quinze jours de délai de réponse

Les établissements ont par contre promis un délai de réponse de quinze jours pour les demandes de financement des besoins courants des TPE et PME, dès lors que le dossier reçu est complet. Une initiative saluée par la Confédération générale des petites et moyennes entreprises vendredi. « Au-delà des montants annoncés, c'est cette dernière mesure qui me semble la plus importante, a déclaré Jean-François Roubaud, président de la CGPME. Jusqu'à présent, certaines entreprises attendaient parfois des réponses pendant un mois, un mois et demi.  »


Les banquiers n'ont eu de cesse de défendre leur bilan en matière d'accès au crédit l'an dernier. « L'économie française a bénéficié, grâce au plan de soutien, d'une continuité de financement tout à fait remarquable et assez exceptionnelle en Europe  », a rappelé Baudouin Prot. Alors qu'elles s'étaient engagées à faire progresser de 3 à 4 % les encours de crédit en 2009, les banques françaises n'ont pu afficher qu'une hausse de 2,7 %, faute d'une demande suffisante, expliquent-elles. Elles ont néanmoins mieux soutenu la croissance du crédit que dans le reste de la zone euro.


E. C., Les Echos, 08/03/2010

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