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Les artisans et commerçants ont du mal à recruter

19.07.2013, source : Les Echos.fr

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Près d’un tiers des artisans et commerçants ne trouvent pas la main-d’oeuvre qualifiée dont ils ont besoin, selon une étude de l’UPA.

Les artisans et les commerçants sont eux aussi durement frappés par la crise. Seulement 19 % d’entre eux ont procédé à des embauches au premier semestre 2013, selon la dernière enquête de l’Union professionnelle de l’artisanat (UPA/I+C), contre 22 % à la même période l’année dernière. Le secteur de l’alimentation est particulièrement touché, avec une chute de 5 points (de 20 % à 15 % ).

Encore plus inquiétant, les intentions d’embauche pour le semestre en cours sont en berne : seulement 11 % des entreprises membres de l’UPA (1,2 million de membres représentant 3 millions de salariés) envisagent d’embaucher d’ici à la fin de l’année. Là encore l’alimentation - mais également le bâtiment (4 % d’intentions) - accuse le coup.

Le paradoxe, c’est que les artisans et commerçants ont malgré tout du mal à recruter. Alors que le taux de chômage frôle les 11 %, près de 30 % des entreprises déclarent ne pas parvenir à recruter et demeurent en sous-effectif. Ce sont ainsi 4.000 emplois qui restent à pourvoir en boucherie, 9.000 dans le bâtiment, 10.000 en boulangerie et 50.000 en hôtellerie-restauration. Cette dernière branche est celle dont la situation s’est la plus dégradée. Alors que, en 2012, 29 % des entreprises du secteur annonçaient éprouver des difficultés à recruter, c’est le cas de plus de deux chefs d’entreprise sur cinq (41 % ) au premier semestre 2013.

« Le salaire n’explique pas cette difficulté à recruter : nous proposons maintenant des rémunérations et des avantages aussi attractifs que dans les grandes entreprises », avertit Patrick Liebus, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment. C’est avant tout un problème de formation : les deux tiers des chefs d’entreprise (65 % ) évoquent le manque de qualification des candidats. Un dernier tiers argue d’une absence pure et simple de candidature.

Repenser l’éducation

Pour Pierre Burban, secrétaire général de l’UPA, « le système de formation professionnelle initiale ne correspond pas aux besoins de l’économie ». A titre d’exemple, le bâtiment forme 55.000 jeunes par an, là où le secteur recrute de 90.000 (en période de crise) à 130.000 diplômés par an (en période de croissance). « Une des raisons pour lesquelles l’Allemagne à trois fois moins de chômage chez les moins de 25 ans, c’est l’importance de l’orientation professionnalisante engagée très tôt au sein du cursus académique, insiste Pierre Burban. Il ne s’agit pas de copier totalement le système allemand mais l’éducation doit être repensée pour ne pas systématiquement privilégier l’enseignement général. Intégrer l’Education nationale à la grande conférence sociale qui se tient tous les ans représenterait déjà un grand pas dans la bonne direction. »

Boris METON, Les Echos, 1807/2013

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