Les secteurs

Les agents immobiliers militent pour la baisse des prix

15.01.2013, source : Les Echos.fr

imprimer

Les agences tentent de convaincre les vendeurs d’être plus raisonnables dans leur évaluation.

Tous les grands réseaux d’agences immobilières se sont pliés, la semaine dernière, à l’exercice des prévisions de prix. Century 21 et la Fnaim ont ouvert le bal ( « Les Echos » du 8 janvier), suivis d’Orpi, de Laforêt et de Guy Hoquet. La note de conjoncture des notaires de France a conclu, jeudi, la série. Un constat émerge : les agents immobiliers sont gênés aux entournures. Les acheteurs n’achètent plus, ils attendent les baisses de prix. Difficile pour les agents immobiliers de prédire une décrue significative cette année sans aggraver l’attentisme. Mais impossible de nier qu’elle est à venir sans conforter les vendeurs dans leur refus actuel de s’ajuster, avec à la clef la poursuite de l’effondrement des transactions.

C’est la quadrature du cercle et la plupart des réseaux se sont donc lancés dans un discours à deux niveaux. Le premier est de prédire des prix stables cette année (pour Guy Hoquet ils ne baisseront que dans les villes de moins de 20.000 habitants) ou en baisse très limitée (pas plus de 1 à 2 % pour Century 21 et la Fnaim, au pis 3 % pour Orpi). Seul Laforêt a mis les pieds dans le plat en prédisant une baisse d’au moins 5 %, Deuxième niveau du discours, qui peut sembler contradictoire, tous les réseaux soulignent la nécessité pour les vendeurs de baisser sérieusement leurs prix, de 5 à 15 % pour Orpi par exemple, d’au moins 10 % pour Guy Hoquet, « La correction de prix sera limitée si on ne fait rien, elle sera supérieure à 3 % si les agents immobiliers, pour débloquer le marché, amènent les vendeurs à ajuster leurs prix », synthétise Bernard Cadeau chez Orpi.


Ventes privées et prix bleus

En fait, le secteur a déjà enclenché ce mouvement. Guy Hoquet a fait en novembre sur Internet trois semaines de « ventes privées » sur 5.500 logements pour lesquels les vendeurs ont accepté des baisses allant jusqu’à 28 % (6 % en moyenne). Environ 20 % des 5.500 biens ont fait l’objet de promesses de vente et le réseau a ainsi limité la baisse de ses transactions sur 2012 à 6 % contre 20 % pour le secteur. Et il va proposer aux vendeurs un contrat : la mise en vente aux prix du marché et ses honoraires offerts (soit 5 % du prix du bien) si la vente se conclut plus de 10 % en dessous. Laforêt, lui, généralise le système des « prix bleus » : les vendeurs acceptent de s’ajuster au marché, en échange leur bien bénéficiera de plus de publicité. En 2012, il a testé deux mois la formule avec succès, sur 7.000 biens de ses 50.000 détenus en portefeuille. La baisse de prix moyenne a été de 8 %.

Tous les réseaux lancent ce type d’actions. Même ainsi, « cette année les acquéreurs seront moins nombreux, probablement 5 pour un bien, contre 10 en 2011 et 7 en 2012 », estime Elix Rizkallah, président de Laforêt. Les notaires prédisent 550.000 à 600.000 ventes seulement. « Je pense qu’il y aura, au second semestre, des mesures de soutien à l’immobilier neuf, commente Frédéric Monssu, chez Guy Hoquet. Et si son offre augmente, cela fera baisser les prix de l’ancien. »

Myriam CHAUVOT, Les Echos, 14/01/2013

Dernières actualités