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Les agences immobilières risquent de perdre 5 000 emplois cette année

07.09.2012, source : Les Echos.fr

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La Fnaim, qui représente 35.000 emplois sur les près de 80.000 du secteur, a perdu 350 agences et 900 actifs en six mois. Si la chute des ventes se poursuit, la profession dans son ensemble pourrait perdre 5.000 postes, estime la fédération.

La chute du nombre de transactions dans les logements anciens depuis le début de cette année a été telle que les agences immobilières les plus fragiles commencent à disparaître. A la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui compte un peu plus de 11.000 agences adhérentes (30 % du secteur), « 350 points de vente ont fermé au premier semestre, soit 900 emplois. La Fnaim représentant 35.000 personnes, soit 40 % des effectifs de la profession, cette dernière devrait perdre environ 5.000 emplois cette année si la tendance se poursuit », explique Jean-François Buet, secrétaire général de la fédération, confirmant de précédentes déclarations à l’AFP.

Net des créations de points de vente, la Fnaim n’a en fait perdu que 210 agences en six mois. Mais cela reste brutal. « De mémoire de professionnel, on n’a jamais eu de baisse des ventes aussi forte dans une période aussi courte, tant dans l’ancien que dans le neuf : la baisse de chiffre d’affaires est de 20 % à 25 %  », poursuit Jean-François Buet . Idem dans les locations. C’est cohérent avec la baisse de 20 % des ventes enregistrées par la Fnaim au premier semestre.

La Fnaim est une fédération comprenant des indépendants, de petites structures et ce sont les moins résistantes. Les dégâts semblent moindres chez les grands réseaux de franchises, comme Orpi ou Century 21, dont les membres bénéficient de formations, de support et sont souvent plus gros. « Nous avons mis en place une formation en novembre 2011 sur comment traverser la crise, précise le président de Century 21, Laurent Vimont. Et 500 de nos franchisés font de la gestion locative, on aimerait monter à 100 %, car c’est une activité récurrente qui constitue un matelas de sécurité. » Mais il faut deux ans pour monter cette activité, elle ne sauvera donc pas ceux ayant des difficultés dans l’immédiat.

Dans l’attente de mesures

Chez Century 21, où le volume de transactions a baissé de 11 % à fin août, on n’observe pas de réduction du réseau (890 agences) pour l’heure. De même, chez Orpi, où les ventes ont chuté de 17 % au premier semestre, le nombre de points de vente franchisés est stable à 1.200 (représentant 6.000 collaborateurs), indique son président Bernard Cadeau.

Faut-il parler de marasme du secteur ? « Il faut se souvenir qu’en 1990 il n’y avait que 12.000 points de vente contre 30.000 environ aujourd’hui, rappelle Laurent Vimont. Et 2011 a été une année record, avec 830.000 transactions. » Or le niveau d’activité considéré normal sur longue période est plutôt de 700.000 ventes par an dans l’immobilier ancien, ce qui, « avec 20 ventes par négociateur, représenterait 35.000 commerciaux et un effectif du secteur de 55.000 personnes en incluant propriétaires d’agences et secrétaires », reconnaît Jean-François Buet. Cela contre environ 80.000 personnes aujourd’hui. Après la frénésie immobilière de 2002-2007, la purge est donc là. Reste à éviter trop de brutalité. « 2012 a tout cumulé : la fin du PTZ+ dans l’ancien, la réforme de la taxation des plus-values le 1er février, l’attentisme lié aux élections, etc.. égrène Bernard Cadeau. Aujourd’hui, la seule question, c’est : quand va-t-on y voir clair dans les mesures juridiques et fiscales du nouveau gouvernement ? L’urgence est là. »

Myriam Chauvot, Les Echos, 03/09/2012

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