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Les agences immobilières font un tabac à la Bourse de New York

18.10.2012, source : Les Echos.fr

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On ne pourrait rêver plus grand contraste. Alors qu’en France on s’interroge sur la viabilité de plusieurs agences immobilières, durement touchées par la chute du nombre de transactions, outre-Atlantique, Realogy Holdings, propriétaire de réseaux d’agences mondiaux (en propre ou en franchise), dont Century 21, ERA, Sotheby’s International Realty et Coldwell Banker, a fait un tabac la semaine dernière lors de son introduction en Bourse. Jeudi, pour son premier jour de cotation, la société a vu son cours de Bourse s’envoler de 27 %, à 34 dollars, et, le lendemain, le mouvement se stabilisait. Realogy a réalisé une des plus grosses introductions en Bourse de l’année aux Etats-Unis, en levant 1,1 milliard de dollars par la mise sur le marché de 31 % du capital, soit 40 millions d’actions au prix unitaire de 27 dollars. Vendredi, l’action a clôturé à 33,60 dollars, pour une capitalisation boursière de 4,4 milliards. Avec ses 7 milliards de dettes, cela conduit à une valeur d’entreprise de Realogy de plus de 11 milliards. Pour le fonds d’investissement Apollo, qui l’avait racheté fin 2006 8,5 milliards - le plus gros « leveraged buy out » (LBO) jamais réalisé aux Etats-Unis pour une société de services immobiliers -et qui va rester l’actionnaire majoritaire, c’est une aubaine.

Pari sur la reprise du marché

Pour les investisseurs, c’est surtout un pari : celui de la reprise du marché de l’immobilier résidentiel. Depuis quelques mois, le logement revient ainsi à la mode à la cote américaine, soutenu par des prévisions optimistes. En août, l’Association nationale des agents immobiliers a prévu, pour 2012, une hausse de 4 % des prix dans l’immobilier ancien et une augmentation de 9 % du nombre de transactions. Elles ont bondi de 8 % en août par rapport à juillet.

Cela se reflète dans l’activité de Realogy. Certes, la société, écrasée par 346 millions de dollars de frais financiers liés à son énorme dette de LBO, affichait pour les six premiers mois de son exercice 2012 une perte nette de 217 millions de dollars. Mais son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a progressé de 32 % en un an, à 233 millions, pour un chiffre d’affaires de 2,2 milliards (+ 9 % ).

L’embellie dont bénéficient les opérateurs américains des logements intervient alors que les acteurs du marché français s’enfoncent dans la crise. Jeudi, le rapport du cabinet d’analyses Altares sur les défaillances prononcées au troisième trimestre, a révélé une hausse de 23 % des dépôts de bilan des entreprises du secteur de l’immobilier par rapport au troisième trimestre 2011. Ce sont les agences immobilières qui souffrent le plus, avec une explosion de 58 % des défaillances prononcées. A titre de comparaison, tous secteurs d’activité confondus, les défaillances n’augmentent que de 3,7 %. La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) - plus de 11.000 agences et 35.000 emplois sur les près de 80.000 que compte le secteur -, a perdu 350 agences et 900 actifs en six mois (« Les Echos » du 3 septembre). Si la chute des ventes de logements anciens se poursuit, la profession dans son ensemble pourrait perdre 5.000 postes, estime la fédération.

Realogy, le géant

Realogy Holdings possède 6 réseaux d'agences immobilières, en propre ou en franchise, dont Century 21, ERA, Sotheby's International Realty et Coldwell Banker.
En 2011, la société avait une part de 26 % du volume des transactions sur les logements américains passant par une agence immobilière.
31 % de son capital ont été mis sur le marché mercredi pour 1,1 milliard. Jeudi, premier jour de cotation, le cours de l'action a bondi de 27 %.
Racheté en LBO fin 2006 par le fonds Apollo, il a fait en 2011 une perte nette de 441 millions de dollars pour un chiffre d'affaires de 4,1 milliards.
Apollo détenait avant l'opération 73 % de Realogy et restera majoritaire avec 50,2 % du capital.

Myriam CHAUVOT, Les Echos, 15/10/2012

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