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Leclerc relance la bataille sur la vente des médicaments non remboursés

23.11.2009, source : Les Echos.fr

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Un an et demi après un premier film publicitaire dénonçant le monopole des pharmacies, l'enseigne repart au combat, avec deux études à l'appui. Elle veut faire baisser les prix des médicaments non remboursés.
S'il n'en avait fait, depuis des années, un cheval de bataille, d'aucuns pourraient reprocher à Michel-Edouard Leclerc de créer, en relançant son combat pour le droit d e vendre les médicaments non remboursés dans ses parapharmacies, un écran de fumée. Il viserait à masquer les méthodes prétendument abusives qui, pour l'enseigne qu'il dirige comme pour d'autres, ont donné lieu récemment à des assignations orchestrées par le gouvernement. Mais le nouveau film publicitaire, lancé vendredi sur les écrans de télévision - et accompagné dès demain d'une campagne dans la presse -, constitue de fait une bataille supplémentaire dans la guerre contre le monopole des pharmacies. C'est même une piqûre de rappel pour la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Comme pour celui diffusé en avril 2008, et qui avait marqué les esprits - on se rappelle du fameux collier de bijoux paré de médicaments -, le nouveau message est on ne peut plus clair : "Leclerc demande que ses docteurs en pharmacie aient le droit d e vendre tous les médicaments non remboursés à prix Leclerc." Un marché estimé à 2 milliards d'euros par an, sur 4.000 références, et représentant en moyenne 5,5% du chiffre d'affaires des pharmacies, et sans doute plus de leur rentabilité. Pour le patron des centres éponymes, qui revient donc à la charge, le décret du 30 juin 2008 autorisant leur vente en libre-service dans les officines ("over the counter", OTC, disent les Anglo-Saxons) n'a pas eu l'effet escompté. Il n'a pas empêché une forte poussée inflationniste, pointée d'ailleurs par la Mutualité française.
Arguant de l'exemple de l'Italie, où le gouvernement Prodi a libéralisé il y a quelques années ce marché - ce qui a permis à la grande distribution de prendre près d'un tiers de part de marché, entraînant des baisses de prix -, l'infatigable pourfendeur des monopoles rappelle ainsi Nicolas Sarkozy et son gouvernement à leurs engagements sur le pouvoir d'achat des Français.


Sondage et enquête

Selon un sondage commandé par le distributeur à l'Institut Ipsos, 36 % des personnes interrogées disent ainsi avoir déjà renoncé à l'achat d'un médicament non remboursé en raison de son prix ! Une proportion identique se prononce pour l'autorisation de la vente des médicaments non remboursés à d'autres réseaux. Fort d'une autre enquête, réalisée par le Bipe, Michel-Edouard Leclerc affirme qu'une telle décision des pouvoirs publics permettrait de baisser, en moins de deux ans, de 50% leurs prix. Les relevés sur les 30 médicaments les plus vendus en France révèlent en effet que, en moyenne, les Français peuvent les payer, en moyenne, du simple au double dans des pharmacies d'un même quartier. Et les écarts vont même jusqu'à 300%...
Pour amadouer les pouvoirs publics, le distributeur insiste sur le fait qu'en toute hypothèse ces médicaments seraient vendus sous le contrôle de docteurs en pharmacie dans des espaces conseils adaptés. Le groupe en compte déjà 164, dont 30 en Italie, avec 180 docteurs en pharmacie assistés de préparateurs. Il table sur 250 points de vente en 2012. Mais Michel-Edouard Leclerc sait que son combat est loin d'être gagné. "Il faut que le débat s'installe dans l'opinion", plaide-t-il.
ANTOINE BOUDET, Les Echos le 23/11/2009

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