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Le secteur textile cambodgien à son tour en révolte pour les salaires

17.09.2010, source : Les Echos.fr

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Après la Chine, le Vietnam et le Bangladesh, le Cambodge est à son tour touché par un mouvement social d'envergure. Nombre d'entreprises étrangères, parmi lesquelles Adidas, Benetton, Gap, Nike ou Puma, sont concernées.

Ils réclament un salaire d'au moins… 70 euros (93 dollars) par mois, alors que leurs patrons leur en proposent aujourd'hui moins de 50.

Au Cambodge, 60.000 travailleurs du secteur textile et de la chaussure ont entamé une grève lundi. Le président de la Confédération du travail, Ath Thun, dit vouloir poursuivre le mouvement « jusqu'à l'ouverture de véritables négociations ». Une quarantaine d'entreprises sur les 470 que compte le pays sont concernées, affirme-t-il.

A l'origine de leur révolte : un accord entre le gouvernement et les industriels qui fixe un salaire minimum de 61 dollars (47,50 euros) par mois pour l'industrie du vêtement et de la chaussure.


Faire pression

Les mouvements sociaux d'envergure qu'ont connus, ces derniers mois, la Chine, le Bangladesh et le Vietnam ont visiblement donné des idées à d'autres, au risque de s'étendre ailleurs en Asie à d'autres secteurs de fourniture de biens à bas coûts.

Nombre d'entreprises étrangères sont touchées par la grève cambodgienne, parmi lesquelles Adidas, Benetton, Gap, Nike, Puma ou encore les magasins Wal-Mart. Autant d'enseignes qui, selon les grévistes, pourraient faire pression sur les patrons des usines pour exiger d'eux des salaires décents.

Les industriels ne sont évidemment pas sur cette longueur d'onde. Ils estiment au contraire que le mouvement risque de ternir la compétitivité du pays qui tire son attractivité de coûts de production parmi les plus faibles au monde. Le secteur textile est la troisième ressource en devises étrangères de ce pays encore très pauvre. Les industriels redoutent que la grève ne fasse fuir les multinationales vers d'autres pays voisins. Le mouvement social tombe mal, plaident aussi certains économistes en faisant allusion à la crise économique qui a affecté le secteur. Sous l'effet de la crise, les exportations textiles ont chuté entre 2008 et 2009 de 3,1 à 2,69 milliards de dollars.

Des chiffres qui ont de quoi donner le vertige à des grévistes qui réclament quelques euros de plus pour survivre et pour les envoyer à ceux qui, dans les campagnes, tentent de survivre avec moins de 1 dollar par jour.

MARIE-CHRISTINE CORBIER, Les Echos, le 15.09.10

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