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Le secteur de la distribution sous la loupe de l'Autorité de la concurrence

10.07.2010, source : Les Echos.fr

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L'Autorité de régulation rendra un avis cet automne sur les relations entre enseignes et magasins indépendants et sur la gestion du foncier commercial.

 « Il faut développer les activités d'initiative. Nous devons aller chercher des affaires », a plaidé hier, en présentant son bilan d'activité 2009, le président de l'Autorité de la concurrence Bruno Lasserre. Parmi ces initiatives, l'Autorité vient de lancer une étude à trois volets sur la distribution. Le premier concerne la nature des relations entre les magasins indépendants et leurs enseignes : l'Autorité veut notamment s'assurer que les durées d'affiliation ne sont pas trop longues et qu'il n'existe pas d'obstacles à la sortie d'un réseau. Deuxième volet, l'Autorité veut également analyser les pratiques en matière de foncier commercial.  « On voit des enseignes préempter des surfaces qu'elles n'utilisent pas pour empêcher de nouveaux formats de concurrence », a ainsi critiqué Bruno Lasserre. Enfin, l'Autorité de régulation entend évaluer la pratique, importée des Etats-Unis, de  « category management », ou management catégoriel, consistant à confier à un fournisseur la gestion d'un linéaire dans un grand magasin.  « Quel est l'impact concurrentiel ? N'y a-t-il pas un risque pour les petits fournisseurs et un risque de collusion sur les prix ? s'est interrogé hier Bruno Lasserre. Nous voulons l'expertiser en profondeur. » L'avis de l'Autorité devrait être rendu à l'automne.


Pas de bouleversement

Pour le reste, l'abaissement du seuil de notification des opérations de concentration dans le commerce de détail à partir de 15 millions d'euros au lieu de 50 millions (soit  « un gros supermarché ou un petit hyper ») n'a pas bouleversé l'analyse des pratiques.  « Force est de reconnaître que sur quarante affaires, il n'y en a pas beaucoup qui ont posé problème », a indiqué Bruno Lasserre, notamment parce qu'il s'est souvent agi de mouvements à l'intérieur d'un même réseau.

Enfin, l'Autorité a indiqué hier que la possibilité donnée en 2008 par la loi de modernisation de l'économie d'imposer la revente à des concurrents de points de vente en cas de persistance d'abus de position dominante n'avait pas encore été utilisée.

V. L. B., Les Echos, le 07.07.10

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