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Le prix des fonds de commerce ne connaît pas la crise

04.04.2013, source : Les Echos.fr

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Et si la reprise d’un fonds de commerce était la porte d’entrée idéale pour un créateur d’entreprise ? En tout cas, l’activité du marché reste soutenue et ce paramètre mérite sans doute un arbitrage précis au moment de franchir le pas.

Des marges au plus bas, des carnets de commandes peu fournis, des faillites à un niveau quasi record... Le tableau de bord des entreprises affiche nombre de clignotants au rouge. Mais il y en a un résolument dans le vert, signe que la situation n’est peut-être pas si sombre pour toutes les PME : c’est celui des ventes et cessions des fonds de commerce.

En 2012, 48.622 activités ont changé de mains, soit 7,8 % de plus qu’en 2011, pour un total de 11 milliards d’euros, selon le baromètre du « Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales » (Bodacc), réalisé avec Altares. Le seuil de 50.000 transactions n’est pas retrouvé mais il s’agit de la troisième année de croissance d’affilée, dans un contexte où les créations d’entreprise sont, elles, à la peine (hors autoentrepreneurs).

Le dynamisme est encore plus marqué sur la valeur des actifs cédés. Les fonds ont été rachetés pour un prix moyen de 200.000 euros. Quasi stable de 2008 à 2010, le montant moyen des transactions a bondi de 14 % ces deux dernières années. Les acheteurs « savent bien que leurs chances de succès, de développement, de pérennité, sont bien meilleures en s’appuyant sur une entreprise qui produit déjà de la valeur, plutôt qu’en passant par une phase de création pure, toujours plus risquée », explique Thierry Asmar, président du directoire d’Altares. Neuf entreprises sur dix créées sur la base d’une reprise de fonds sont toujours en activité trois ans plus tard.

C’est souvent le capital retraite qui se joue

Pas étonnant donc que la moitié des reprises soit le fait de créateurs d’entreprise. Mais les PME ne sont pas en reste : pour ces dernières, racheter un fonds de commerce est aujourd’hui l’occasion de repartir à l’offensive, de grandir, en mettant la main sur un actif immédiatement opérationnel. A la croissance organique longue et risquée, l’accent est mis sur la croissance externe. Le nombre de reprises par des PME s’est envolé de 54 % l’an dernier, revenant à son niveau de début de crise.

Du côté des vendeurs, il n’est pas question de brader la valeur de l’actif. « En traversant la crise, ils ont su démontrer la résilience de leur activité et son attractivité pour un repreneur », poursuit Thierry Asmar. Pour beaucoup, c’est le capital retraite qui se joue.

Le prix moyen (qui exclut les opérations atypiques de moins de 10.000 euros ou celles, rarissimes, de plus de 10 millions d’euros) cache naturellement de fortes disparités selon les secteurs. Il approche les 400.000 euros dans les activités financières et d’assurance et se limite à moins de 70.000 euros dans les services aux particuliers. De même, le prix médian (qui sépare le volume des transactions en deux parts égales) s’est situé autour de 90.000 euros l’an dernier.

Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 02/04/2013

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