Le Printemps Haussmann se refait un département beauté en cassant les codes

2017-08-10T14:04:00+02:00

10.08.2017, 


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Le grand magasin parisien a changé l’approche de ses espaces beauté et cosmétique. L’heure est à l’innovation et aux services.

« Je pensais que l’on aurait plus de temps », confie aux « Echos » Paolo de Cesare. Quelques jours avant l’ouverture du nouvel espace beauté de son navire amiral du boulevard Haussmann, à Paris, le PDG du Printemps évoque l’évolution de son métier. « Le commerce est devenu une commodité », poursuit-il, utilisant l’anglicisme désignant des produits ou activités standardisés, voire banalisés.

L’explosion des réseaux spécialisés comme Sephora pour la beauté ou Zara pour la mode ont bousculé la vocation des grands magasins. Il faut les réinventer. « Expérience, innovation et services sont les maîtres mots », affirme l’Italien resté aux commandes de l’institution fondée par Jules Jaluzot après son rachat par le fonds qatari Divine Investments.

Bar à parfums

Le transfert des rayons beauté du magasin principal vers le bâtiment situé derrière, à l’angle des rues de Provence et Caumartin, participe de ce mouvement. Trois mille mètres carrés, trois niveaux sous les étages maison récemment implantés également dans le bâtiment : le département est un tiers plus grand que le précédent. Au premier étage, rien que des parfums avec des présentations classiques, mais aussi nouvelles comme le bar à parfums qui « invite à la manipulation des flacons et à la découverte des fragrances », selon le document de présentation. Au rez-de-chaussée, les produits de beauté. Au sous-sol, les services : un spa de sept cabines Nuxe ou Clarins, un espace dédié au visage animé par Kiehl’s, un salon de coiffure, des prestations de manucure, pédicure, restructuration des sourcils, et un café Detox Delight. Au total, 250 marques sont offertes, les marques traditionnelles du luxe, mais aussi une moitié de nouvelles, comme Nyx.

Pour convaincre la clientèle de continuer à venir dans le grand magasin, le Printemps propose des produits inédits dont raffolent les nouveaux consommateurs soucieux de sortir des sentiers battus ainsi que des « expériences » : soins, ateliers, animations, etc.


Lumière du jour

Le tout dans un immeuble entièrement rénové par l’architecte italien Antonio Citterio qui avait déjà refait la façade avec des carreaux de verre dichroïque et un style industriel adapté à ce qui était à l’origine un entrepôt. Un mot d’ordre, dans l’air du temps : l’ouverture maximale à la lumière du jour.

Début 2018, le Printemps inaugurera trois autres niveaux - les derniers - consacrés cette fois à l’alimentation : épicerie fine, marché de produits frais, restaurant sur une terrasse panoramique, ateliers - là aussi - animés par de grands chefs. Une nouveauté pour l’enseigne dont les dirigeants ont compris que la nourriture, comme les services, ne se consommaient pas sur le Web. L’accent sera mis sur la qualité et le « produit en France ».

Le Printemps achèvera alors un cycle de trois ans de travaux touchant 20 000 mètres carrés pour 100 millions d’euros d’investissement. « Il y a cinq ans, nous avons réfléchi à ce que serait le grand magasin des dix prochaines années », se souvient Paolo de Cesare. Plus qu’une simple rénovation, donc. Les Galeries Lafayette voisins viennent, eux aussi, d’entamer la vaste transformation de leur magasin principal.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 13/07/2017

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