Les secteurs

Le plan de relance a sauvé de 30.000 à 60.000 PME de la faillite

25.09.2010, source : Les Echos.fr

imprimer

Pour l'assureur-crédit Euler Hermes, les défaillances d'entreprises vont encore croître de 2 % cette année. Mais la facture de la crise aurait pu être bien plus lourde.

Le nombre de défaillances d'entreprise atteint des niveaux record en France, mais la facture de la crise aurait pu être bien plus salée sans le plan de relance. Euler Hermes estime, en effet, qu'entre 30.000 et 60.000 PME ont échappé à la faillite durant la période 2009-2010 grâce aux mesures de soutien à la trésorerie. Entre 100.000 et 200.000 emplois auraient ainsi été sauvegardés sur deux ans, avance l'assureur-crédit, non sans insister sur la fragilité d'une telle estimation. « Le nombre d'entreprises sauvées est supérieur à ce que nous avions anticipé, car les mesures de soutien ont été plus fortes que prévu », explique Karine Berger, directrice marketing et marchés d'Euler Hermes.

Entre 20 et 26 milliards d'euros ont été injectés pour soutenir les entreprises, selon elle, dont environ la moitié à destination des PME. Il s'agit des mesures fiscales du plan de relance (crédit d'impôt recherche, remboursements anticipés de TVA, etc.), mais aussi des moratoires accordés pour le paiement de l'impôt et des cotisations. La semaine dernière, la Cour des comptes chiffrait, elle, le coût total du plan de relance à 34 milliards, dont 16 milliards de soutien à la trésorerie. « Ces entreprises sauvées le sont pour de bon, poursuit Karine Berger. Il n'y aura pas de deuxième effet de sortie du plan de relance car les bilans de ces PME sont assez sains. »


Croissance peu dynamique

Mais les mesures de soutien n'ont pas été suffisantes pour tout le monde : 64.537 défaillances ont été recensées l'an dernier par l'assureur-crédit, soit un niveau à peu près équivalent à celui enregistré lors de la récession de 1993. Sauf que, à la différence de la précédente crise, Euler Hermes ne s'attend pas à un reflux rapide : les défaillances devraient encore croître de 2 % cette année, pour atteindre le nombre de 65.900, un niveau jamais atteint. Le manque de dynamisme de la croissance (Euler table sur 1,1 % l'an prochain), une pression concurrentielle accrue, l'envolée récente des créations d'entreprise et la fin des mesures de soutien expliqueraient, selon l'assureur-crédit, le maintien d'un niveau élevé de défaillances. Les sociétés touchées seraient relativement petites : « Les entreprises de 10 à 50 salariés, dont le chiffre d'affaires est compris entre 0,5 et 2 millions d'euros, sont les seules à enregistrer encore des hausses de défaillances », constate Karine Berger. Ce n'est qu'en 2011 qu'elle anticipe un reflux : le nombre de défaillances baisserait de 5 % , avec 62.700 cas. Cela ne serait pas suffisant pour retomber aux niveaux d'avant-crise.

Frederic SCHAEFFER, Les Echos, le 23.09.10

Dernières actualités