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Le palmarès des secteurs créateurs d'emplois d'ici à 2015

25.11.2010, source : Les Echos.fr

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Une étude du Centre d'analyse stratégique montre qu'il faudra cinq ans pour retrouver le niveau d'emploi d'avant-crise. Certains secteurs seront néanmoins très dynamiques.


Crédits photo : Les Echos
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Source : Insee, Calculs CAS.

Enfin une touche d'optimisme. Alors que la timide reprise du marché du travail peine à se traduire dans les chiffres du chômage qui font du yo-yo, une note du Centre d'analyse stratégique publiée en exclusivité par « Les Echos » souligne l'existence de « forts potentiels de création d'emplois, dès les prochaines années, dans un certain nombre de secteurs identifiés ». Maxime Liégey et Cécile Jolly, du département travail emploi de l'organisme d'expertise auprès du Premier ministre (qui a succédé au commissariat au Plan), ont travaillé sur des projections sectorielles d'emplois à l'horizon 2015 dans les secteurs principalement marchands. Ils estiment que sur les cinq prochaines années, « les créations d'emplois sur les secteurs porteurs s'élèveront à 968.000 contre un total de 318.000 destructions nettes d'emplois dans l'ensemble des secteurs déclinants ».

L'industrie sera encore à la peine. Le secteur le plus performant, celui des chantiers navals, de l'aéronautique et du ferroviaire, n'arrive ainsi qu'en 14e position, avec seulement 2.000 postes en plus. Mais l'un des intérêts de l'étude est de montrer qu'il ne faut pas s'arrêter aux seuls emplois directs. Le premier secteur créateur net d'emplois est en effet celui des « services opérationnels ». Derrière, se cache le cumul de l'intérim - avec 100.000 créations d'emplois -et des services aux entreprises - pour une centaine de milliers de postes. Ce sont deux activités qu'alimente inévitablement la production industrielle, tout comme le secteur des « conseils et assistance », qui arrive en troisième position.

« Les métiers vont changer »

La construction, quant à elle, fait une percée remarquée dans l'étude du CAS : elle arrive en deuxième position, avec un effectif en hausse de 149.000. Plus attendue est la présence du côté des secteurs les plus dynamiques des « services personnels et domestiques », avec 91.000 emplois créés en cinq ans. Ou encore celle du commerce, avec 112.000 emplois anticipés sur cette période. « Il n'y aura pas, demain, de nouveaux secteurs qui vont émerger, les gros bataillons des futures créations d'emplois vont avoir lieu dans des secteurs qui existent mais dont les métiers vont changer », résume le directeur général du CAS, Vincent Chriqui.

« Les tendances à long terme de l'emploi ont perduré avec la crise », ajoute-t-il. Elles sont au nombre de quatre : la « servicisation » de l'économie et le développement de l'économie d'usage, qui se traduisent par le développement des bouquets de services (on vend la voiture, le contrat d'entretien et l'assurance, voire le téléphone) ; le développement des services à la personne ; le verdissement de l'économie ; et enfin le développement des « emplois cognitifs » (R & D mais aussi design, marketing ou publicité).

La poursuite des tendances de long terme, c'est aussi le sens du deuxième enseignement de l'étude. On aurait pu penser que la crise provoque une déformation de la structure des emplois, et notamment de la répartition entre contrats à durée indéterminée et contrats précaires. Il n'en serait rien.

Il reste que le travail du Centre d'analyse stratégique comporte aussi sa part d'ombre. Il souligne que les entreprises ont amorti les effets de la crise sur l'emploi stable, relativement épargné : « Les destructions d'emplois sur 2009 et 2010 auraient dû être de 300.000 à 500.000 supérieures à ce qui a été effectivement observé. » Mais la contrepartie est la perspective d'une « croissance faiblement créatrice d'emplois à moyen terme » et plutôt orientée, dans un premier temps, vers l'emploi précaire. Et en 2015, on sera tout juste revenus à la situation de l'emploi d'avant la crise, estime le CAS. Attention toutefois : les rapporteurs se sont basés sur une croissance modérée du PIB de 2011 à 2015 (+1,6 % ), comme l'OCDE, quand le gouvernement table sur 2,5 % dès 2012.

Leïla de COMARMOND, Les Echos, 23/11/2010

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