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Le nouvel Accor se présente en grande forme

31.08.2010, source : Les Echos.fr

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Recentré sur l'hôtellerie, le groupe enregistre une forte amélioration de ses résultats semestriels à base comparable, sortant même du rouge hors coûts de scission. Accor continue de profiter de la reprise de son activité en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne, mais pointe les incertitudes de la situation économique, aux Etats-Unis notamment.

Le PDG d'Accor, Gilles Pélisson, ne pouvait rêver meilleur redémarrage. Ayant parachevé son recentrage sur l'hôtellerie avec la mise en Bourse, le 2 juillet, de son ex-pôle services, devenu Edenred, le groupe fait preuve dans sa nouvelle configuration d'un net regain de forme. L'opérateur hôtelier a annoncé, hier, une amélioration de ses résultats plus forte qu'attendu, ainsi que le renforcement de sa situation financière. De quoi nourrir son ambition de se hisser, d'ici à 2015, de la quatrième à la troisième place mondiale du secteur, en accroissant son parc de plus de 1.800 hôtels, hors acquisitions.

A base comparable - c'est-à-dire hors Edenred, mais aussi le groupe de casinos Groupe Lucien Barrière (dont Accor, qui en détient 49 %, doit se désengager) et les services à bord des trains de la Compagnie des Wagons-Lits, cédés début juillet à Newrest -, le résultat d'exploitation du groupe s'est établi à 154 millions d'euros au 30 juin, contre 69 millions un an auparavant. La moyenne des prévisions des analystes avoisinait 134 millions, pour un chiffre d'affaires de 2,85 milliards, en progression de 6,1 % .

De même, la perte nette part du groupe est ramenée de 236 millions à 64 millions, Accor affichant un profit de 12 millions hors coûts et impôts exceptionnels liés à sa scission. La bonne nouvelle a été saluée par les investisseurs dès l'ouverture d'Euronext Paris, le titre Accor terminant la séance à 24,40 euros, en augmentation de 3,85 %, soit la deuxième plus forte progression parmi les valeurs composant le CAC 40.

Le groupe hôtelier avait d'autres surprises positives dans sa musette, comme la révision à la hausse de son programme de cession d 'actifs immobiliers pour 2010, conséquence directe de la grosse opération annoncée ce lundi (lire ci-dessous), mais aussi la prévision de résultat d'exploitation pour l'ensemble de l'exercice. Accor table sur un montant compris entre 370 et 390 millions d'euros, contre 236 millions en 2009 à base comparable, les analystes l'estimant jusqu'à présent à 320 millions. Cette  « fourchette » découle toutefois d'  « éléments contrastés », note le groupe.

Accor, qui fait bien plus que respecter son programme de réduction des coûts (plus de 50 % de l'objectif 2010 sont déjà atteints) et maîtriser ses prix, continue de profiter des ingrédients de sa croissance du premier semestre. Tout particulièrement grâce à la reprise des marchés français, allemand et anglais, et notamment les bonnes performances dans l'hôtellerie moyen et haut de gamme. Mais si cette tendance porteuse se poursuit, à ce stade, pour septembre et octobre, la direction prend aussi en compte un manque de visibilité sur la fin de l'année au vu du portefeuille de réservations.


Situation financière très saine

 « Certes, la Chine et les pays émergents tirent les résultats d'Accor, mais ceux-ci se font d'abord en Europe », a insisté Gilles Pélisson, en relevant  « les interrogations macroéconomiques sur les grands pays », Etats-Unis en tête. Or le groupe français commence tout juste à entrevoir une sortie de crise outre-Atlantique, sa chaîne d'hôtellerie économique Motel 6, désormais orientée sur la franchise, ayant enregistré une hausse de son revenu moyen par chambre disponible - indicateur de référence des professionnels de l'hôtellerie -en juin et juillet. Ce qui n'était pas arrivé depuis juin 2008 !  « On a peut-être touché le fond », veut croire son PDG.

Ce dernier se montre globalement serein, du fait de la situation financière d'Accor très saine, avec un ratio d'endettement de 21 % en pro forma, des lignes de crédit non utilisées pour un montant total de 2 milliards d'euros et également l'absence de refinancement  « majeur » avant 2012. En conséquence, le groupe est en mesure de saisir d'éventuelles  « opportunités régionales » de croissance externe pour doper son développement.

Afin de mettre en oeuvre le plan 2010-2015 du nouvel Accor, Gilles Pélisson pourra désormais s'appuyer sur un numéro deux, Yann Caillère, promu directeur général délégué. Après avoir rejoint Accor début 2006 dans le sillage de Gilles Pélisson - les deux hommes se connaissent de longue date -, il avait notamment la haute main sur l'hôtellerie dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique et la chaîne de luxe Sofitel. Sa nomination illustre un peu plus le recentrage du groupe sur l'hôtellerie, son métier historique.


CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos, le 27.08.10

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