Les secteurs

Le nombre de défaillances de grosses PME en baisse sensible

16.04.2010, source : Les Echos.fr

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Après une année 2009 record, 16 052 jugements d'ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire ont été prononcés par les tribunaux au premier trimestre, selon le bilan que publie aujourd'hui Altares. Les défaillances reculent de 0,5 % sur un an : la baisse est forte pour les grosses PME, quand les TPE continuent de souffrir.


Le volume reste très élevé mais la tendance est à l'amélioration. Après une année 2009 record, 16 052 jugements d'ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire d'entreprises ont été prononcés par les tribunaux au premier trimestre, selon le bilan que doit publier aujourd'hui Altares. C'est beaucoup et à peine moins (- 0,5 % ) que sur la même période de l'an dernier, durant laquelle les défaillances avaient bondi de 23 %.

Même modeste, ce repli n'est toutefois pas anodin :« Après douze trimestres consécutifs de hausse des défaillances, les premiers signes d'une détente étaient perceptibles fin 2009 », note la société spécialisée dans l'information sur les entreprises. Le nombre de jugements avait reculé de 0,2 % au quatrième trimestre. « La baisse s'est poursuivie au début de 2010, confirmant un regain d'activité des entreprises et la reconquête des affaires », explique Thierry Millon, responsable des analyses d'Altares.


Selon lui, plusieurs signaux sont repassés au vert au cours des derniers mois. Si la crise n'avait pas épargné les grosses PME, celles-ci voient aujourd'hui leur situation s'améliorer : les défaillances d'entreprises comptant entre 50 et 99 salariés ont baissé de 47 % au premier trimestre par rapport à la même période de 2009 et celles de 100 à 199 employés de 22 %. « Elles sont désormais moins vulnérables qu'il y a un an et vont pouvoir préserver leurs emplois », poursuit Thierry Millon. Globalement, le nombre de défaillances de PME de plus de 50 salariés décline de 41 % sur un an. Du coup, 93 % des défaillances ont frappé des sociétés de moins de 10 salariés, une proportion équivalente à celle de leur présence dans le tissu économique. Les très petites entreprises continuent donc à souffrir fortement avec une nouvelle hausse de 1 % des défaillances sur un an.


Reprise inégale selon les secteurs

Autre signe prometteur, le retournement est observé dans de nombreuses régions :« Il y a un an, neuf régions enregistraient des hausses de défaillances record, entre + 30 % à + 50 %, rappelle Altares. Chacune d'elles est désormais repassée dans le vert. » La baisse de la sinistralité est particulièrement nette en Alsace (- 18 % ) et en Lorraine (20 % ).


Mais la reprise de l'activité est encore très inégale selon les secteurs. L'industrie manufacturière, qui avait connu un hausse de 44 % des défaillances il y a un an, commence 2010 par un recul de 14 %. Dans la construction, les défaillances chutent de 23,5 % dans l'immobilier mais progressent encore de 2,5 % dans le bâtiment. Et la situation se dégrade dans le commerce de gros (+ 6 % ).


Pour l'ensemble de l'année, Thierry Millon anticipe une stabilisation des défaillances, avec une baisse« sensible » du côté des PME. « Elles ont fait des efforts de fond, pour davantage piloter leur activité, qui vont leur permettre de mieux gérer la reprise », indique-t-il. Son inquiétude porte principalement sur les TPE :« Le cash est, et restera, le nerf de la guerre. Réussir la reprise nécessitera de redoubler de vigilance sur ses arbitrages de crédit clients. Vouloir grandir trop vite pourrait leur être fatal. »

Frédéric Schaeffer, Les Echos, 15.04.2010
 

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