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Le marché du crédit immobilier ne parvient pas à enrayer son déclin

01.11.2012, source : Les Echos.fr

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Malgré un léger mieux en septembre, le marché du crédit immobilier est toujours en repli. Selon l’Observatoire du Crédit Logement/CSA, la production de prêts recule de 24,3 %, en rythme annuel, au troisième trimestre. Les taux d’intérêt sont pourtant au plus bas, à 3,49 % en moyenne.

La reprise se fait toujours attendre sur le marché du crédit immobilier. Le nombre total de prêts accordés plonge encore de 24,3 % au troisième trimestre, par rapport à 2011, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Un recul entamé dès le début de l'année dans un contexte économique morose. La production de prêts a ainsi baissé de 33,1 % au premier semestre 2012, en glissement annuel. La reprise traditionnellement observée au mois de septembre n'a pas été au rendez-vous, la production enregistrant une baisse de 25,2 % en rythme annuel (contre une hausse de 14,8 % à la même époque en 2011).

Paradoxalement, les taux d'intérêt poursuivent leur mouvement à la baisse. Ils sont tombés à 3,38 % en moyenne en octobre, frôlant ainsi le point bas de novembre 2010 (3,25 % ). Sur l'ensemble du troisième trimestre 2012, ils ressortent à 3,49 % en moyenne. « En septembre 2012, 91 % des prêts accordés bénéficient d'un taux inférieur à 4 % », souligne Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris Ouest. Selon lui, aucune remontée des taux n'est à prévoir dans l'immédiat. La baisse des taux accompagne celle de la durée des prêts (209 mois en moyenne au troisième trimestre 2012). Les banques proposent de moins en moins de crédits de plus de 25 ans. Leur part dans la production est tombée à 18,1 % en septembre 2012, contre 32,7 % en 2007.

Les jeunes écartés du marché

Cette dernière évolution est une des raisons pour lesquelles la demande décroche depuis l'été 2011, particulièrement celle des jeunes ménages. Ceux-ci sont en effet privés d'apport personnel conséquent. « Depuis l'arrêt du dispositif du PTZ + dans l'ancien, les jeunes qui comptent pour un tiers des primo-accédants sont écartés du marché », relève Michel Mouillart. Le marché se recentre sur les 35-45 ans (31,4 % des emprunteurs contre 29,2 % en 2009) et les ménages aisés aux revenus supérieurs à 4 SMIC (38,2 % contre 33,3 % en 2009).

Sur le marché de l'ancien, qui pèse pour plus de 60 % des crédits immobiliers, le décrochage est plus brutal. La production recule de 32,6 % au troisième trimestre en rythme annuel. « Le marché de l'ancien connaît une récession comparable à celles des années 1980-90 et 2008 », souligne Michel Mouillart. Pour autant, une baisse généralisée des prix qui pourrait redynamiser ce marché est « très peu probable », estime-t-il. Sur les neuf premiers mois de l'année, les prix dans l'ancien ont augmenté de 1,8 % en glissement annuel.

Aurélie ABADIE, Les Echos, 26/10/2012

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