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Le marché des réparations de pare-brise repart

25.08.2009, source : Les Echos.fr

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Avec la baisse des kilométrages parcourus et des vitesses moyennes, l'activité de réparation de pare-brise et de vitrages automobiles a nettement baissé ces quatre dernières années. Mais 2009 marque une inflexion à cette tendance de fond.

Bonne surprise pour les professionnels du bris de glace automobile : « Pour la première fois depuis quatre ans, le marché français ­montre un regain d'activité, avec une progression actuelle de 4 à 5 % », note Eric Girard, directeur général de Carglass France, le leader de la spécialité, qui table sur un chiffre d'affaires de près de 330 millions d'euros cette année, après les 308 millions de l'an dernier. Un hiver plutôt froid, un été assez chaud - les vitrages automobiles sont fragilisés par le chauffage l'hiver et par la climatisation en été - et, entre les deux, une belle tempête dans le Sud et quelques épisodes de grêle expliquent cette inflexion. Mais rien ne dit que ces effets se prolongeront au-delà de 2009, année considérée comme exceptionnelle.

Car, globalement, les conditions structurelles du remplacement de vitrages sont clairement orientées à la baisse, poursuit le responsable de Carglass, qui parle d'un déclin de 15 à 30 % sur la période 2004-2008 : « Le marché est très lié au kilométrage parcouru par les conducteurs, aux conditions climatiques et à l'évolution des vitesses sur route »,détaille-t-il. Depuis plusieurs années, les distances annuelles moyennes ont tendance à décroître, diminuant d'autant les risques statistiques d'être frappé par un gravillon. Lequel fera moins de dégâts si la voiture roule à 80 km/h plutôt qu'à 110 km/h. « De ce point de vue, la généralisation des radars a fait très mal », estime Eric Girard, à la tête de la principale filiale nationale de Carglass.

Ce dernier est néanmoins parvenu à augmenter sa part de marché dans l'Hexagone (33 % aujourd'hui, contre 25 % en 2004) et à recruter 600 personnes cette année (pour un total de 2.800 salariés), sans avoir à se lancer dans une diversification à outrance. « Nous ne sommes toujours pas arrivés au bout de nos capacités à nous développer », ajoute-t-il. Contrairement aux centres auto type Feu Vert ou Norauto, qui ­veulent toucher à tout (vidange, freinage, pneuma­tiques, géométrie du train, etc.), l'enseigne tient à garder son image de spécialiste, centrée sur le vitrage et, plus accessoirement, les changements de phares.

A l'inverse également de la mode dans les enseignes de réparation automobile, qui fait la part belle à la franchise, Carglass est le seul à être au contraire intégré à 100 %. Son actionnaire est le groupe familial belge D'Ieteren, qui couvre trois activités : la distribution automobile (notamment avec le groupe Volkswagen), la location courte durée (Avis Europe) et le vitrage en seconde monte, logées sous le holding Belron, très présent aux Etats-Unis.


Rabattage des assureurs

Le réseau a été porté à 226 centres en France, ce qui lui permet de couvrir 97 % du territoire. Et pour les clients n'ayant pas le temps de se déplacer, le groupe propose des réparateurs à domicile, équipés de 500 véhicules ateliers (30 % de l'activité). Autre élément expliquant la croissance du chiffre d'affaires dans un marché structurellement en recul : l'accent mis sur la réparation du pare-brise plutôt que son changement complet, lorsque c'est possible, grâce à un procédé de polymérisation à froid. Les assureurs s'y retrouvent largement puisque cette méthode revient ­quatre fois moins cher, jouant du coup un rôle de « rabatteur » au profit de l'enseigne. Tandis que l‘intérêt économique des garages de grandes marques automobiles est plutôt de facturer un changement de pare-brise, avance-t-on chez Carglass.

Denis Fainsilber, Les Echos

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