Les secteurs

Le marché de l'optique résiste à la crise

28.09.2013, source : Les Echos.fr

imprimer

Les ventes de lunettes ont progressé de 2 % au cours du premier semestre. Les verres tirent le secteur, alors que les montures et les solaires reculent.

Le Silmo, grand Salon mondial de l’optique, s’est ouvert cette semaine à Paris. L’occasion de faire le point sur le marché, en plein débat sur les marges réalisées par les opticiens, un état de fait dénoncé récemment par la Cour des comptes. Au premier semestre 2013, le chiffre d’affaires du secteur est reparti à la hausse de 2 % comparé à la même période l’an dernier. Ce qui s’explique avant tout par un effet de comparaison, alors que les ventes étaient en recul au début 2012.

La France beaucoup plus chere que ses voisins

Ce sont les verres de correction qui tirent l’activité (53 % du marché). La vente de lunettes de soleil enregistre, elle, un recul de 7 % et de 4 % pour les montures. « Ces baisses tiennent à la fois aux difficultés économiques et, concernant les solaires, à la météo qui a été catastrophique jusqu’à la fin juin », indique Eric Lenoir, le directeur du Silmo. La France résiste plutôt mieux que ses voisins en matière d’optique, avec une activité qui chute de 6 % en Espagne et de 2 % en Italie. En Allemagne, elle progresse de 3 %.

Cette évolution intervient après une stabilité du chiffre d’affaires du secteur en 2012 (+ 1,2 % ) à 5,8 milliards d’euros, selon le cabinet GfK. « Il y a eu une relative maîtrise des prix l’an dernier, tandis que les volumes ont enregistré une petite baisse pour les montures et les solaires, reprend Eric Lenoir. Avec l’ouverture de nouveaux points de vente, la concurrence sur les prix s’est accentuée. » Quelque 322 magasins d’optique ont ouvert leurs portes l’an dernier, soit un total de 11.422.

Côté prix, il faut compter en moyenne 278 euros pour une paire de lunettes avec des verres unifocaux. Mais le tarif grimpe à 587 euros pour deux verres progressifs et une monture. Ce qui représente une hausse proche des 10 euros, selon GfK. Car la demande s’oriente vers des produits haut de gamme, avec par exemple un traitement antireflet. Ces montants, jugés élevés par la Cour des comptes, ont créé la polémique, cette dernière indiquant que le prix payé par les Français était plus de deux fois supérieur à la moyenne des quatre grands pays voisins. Un différentiel qui s’explique, selon les professionnels. « L’équipement en verres progressifs est plus fort en France que dans les autres pays européens, note le directeur du Silmo. Le taux de TVA n’est pas non plus le même : 19,6 % contre 8 % en Italie et autour de 10 % en Allemagne. Aujourd’hui, avec le développement de chaînes low cost, il est possible d’avoir une paire de qualité à 40 euros avec des verres unifocaux. »

Etre à la mode a un prix

La difficulté, c’est que si les lunettes sont avant tout un produit de santé, elles sont aussi de plus en plus tournées vers la mode. Le tarif d’une monture (un tiers du prix total) peut aller de 10 à plus de 300 euros, si elle est signée par une griffe de luxe.

Le rappel à l’ordre de la Cour des comptes devrait amener les mutuelles à reconsidérer leurs remboursements dans l’avenir. En attendant, les Français freinent à la dépense. Ils ne renouvellent leurs paires en moyenne que tous les trois ans et demi. Si le vieillissement de la population devrait soutenir les ventes, d’autres marchés se développent, comme les lunettes pour enfants, en progression de 10 % l’an dernier.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, 26/09/2013

Dernières actualités