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Le groupe Galeries Lafayette investit 800 millions d'euros dans ses grands magasins

24.04.2012, source : Les Echos.fr

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En conflit avec Casino, son coactionnaire dans Monoprix, le groupe détenu par la famille Moulin n’en oublie pas son métier historique. Ses grands magasins vont bénéficier d’un programme d’investissement exceptionnel.

Cinq cent millions d’euros, au lieu des 300 millions initialement prévus, compte tenu de la demande, tel est le montant de l’emprunt obligataire réalisé la semaine dernière par le groupe Galeries Lafayette. Une levée qui « n’est pas liée à l’affaire Monoprix », filiale commune avec Casino, a cru bon d’indiquer une porte-parole du groupe de grands magasins à l’AFP, alors même que le conflit s’envenime. Précision qui va de soi, tant il paraît déjà écrit que, comme les Baud et les Diniz, qui furent en conflit avec Jean-Charles Naouri, le PDG propriétaire de Casino, sur l’application de leurs accords d’actionnaires, la famille Moulin devra, elle aussi, céder comme prévu sa participation dans la chaîne de magasins de centre-ville. Une issue qui explique sans doute pourquoi le groupe, présidé par Philippe Houzé, met aujourd’hui l’accent sur ces lourds investissements dans son coeur de métier, les grands magasins.


Centenaire de la coupole

« Nous allons investir 800 millions d’euros sur cinq ans », annonce aux « Echos » Paul Delaoutre, le directeur général de la branche grands magasins. Logiquement, le navire amiral des Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à Paris, bénéficiera de l’enveloppe la plus épaisse, quelque 85 millions sur trois ans. En pleine forme, avec une nouvelle accélération de sa phénoménale croissance au premier trimestre 2012, de 17,7 %, indique le dirigeant, consécutive à une hausse de 14,3 % en 2011 (pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros), et un taux de croissance annuel moyen de 8,8 % sur la période 2006-2010, le grand magasin parisien se doit de célébrer en beauté le centenaire de sa célèbre coupole cet automne.


Mais au-delà des spectaculaires travaux d’éclairage confiés à l’artiste plasticien Yann Kersalé, qui aura carte blanche pour l’animation de la façade sur le boulevard Haussmann pendant deux ans, les travaux d’aménagement intérieur confiés à l’architecte Bruno Moinard vont transformer en profondeur ce temple de la mode et de la beauté. L’insolente santé du luxe, et le regain de forme du Printemps voisin, se traduira notamment par l’extension du territoire des grandes marques, Louis Vuitton, Cartier et Chanel bénéficiant même de boutiques en duplex avec escaliers intérieurs entre le rez-de-chaussée et le premier étage du grand magasin. Etage où sera aménagé un véritable tour de ronde, proposant une vue unique sous la coupole mais aussi des animations autour de la mode.

Autre grand chantier, le Lafayette Homme voisin, qui réalise près de deux fois le chiffre d’affaires du Printemps de l’Homme. Le déménagement probable du Lafayette Gourmet de l’autre côté du trottoir, au Lafayette Maison, dégagera de la surface de vente au premier étage. De quoi consacrer le rez-de-chaussée exclusivement aux accessoires.

La chaîne de magasins de province bénéficie elle aussi d’un ambitieux plan de rénovation. Sa croissance nettement moins dynamique (1 % au premier trimestre, après 2,1 % en 2011) s’explique, selon Paul Delaoutre, par les lourds travaux engagés dans la moitié des « flagships » de l’enseigne. Le chantier du magasin de Nantes à peine terminé, c’est celui de Marseille Bourse (pour 50 millions sur trois ans) qui démarre, tandis qu’à Strasbourg, les Galeries Lafayette accueillent des marques comme Prada, Gucci et Bottega Veneta. Reste le BHV, talon d’Achille de la branche grands magasins. « Après avoir nettoyé le réseau, l’enjeu, c’est Rivoli [le magasin parisien, NDLR]  », concède le patron de la branche. Pas moins de 35 millions d’euros vont y être investis. Enfin, souligne Paul Delaoutre, « la marque Galeries Lafayette dispose de deux jokers : l’international et Internet ». De quoi faire oublier Monoprix...


Antoine BOUDET, Les Echos, le 23/04/2012

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