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Le design, arme fatale des PME innovantes

13.11.2011, Information communiquée par l'enseigne

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Un marteau, un vélo, une raquette de ping-pong, mais aussi une interface numérique non tactile ou des services pour les transports publics. Du plus banal au plus high-tech, ces produits font partie du palmarès établi comme chaque année par l’Association pour la promotion de la création industrielle (Apci). Environ 200 produits seront exposés jusqu’au 12 mars à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris. Une trentaine d’entre eux composent le palmarès 2011 de l’Observeur du design, qui sera dévoilé ce soir.

Premier constat, tous les secteurs sont représentés : sport, électronique grand public, mais également transports, santé et équipements en tout genre. Et, à côté des grandes entreprises comme Décathlon, qui présente un nouveau vélo ultrasimple (pneus increvables, vitesses automatiques intégrées au moyeu, frein à rétropédalage), Schneider ou Lafuma, le palmarès 2011 fait la part belle aux PME, voire aux start-up. A l’image de Canibal, une toute jeune entreprise qui a mis au point un appareil original pour encourager le recyclage. Il trie automatiquement les canettes, bouteilles en plastique ou gobelets, puis les compacte. Avec une astuce : chaque déchet introduit déclenche un jackpot, susceptible de faire gagner un coupon de réduction à l’utilisateur. Et lorsqu’il est proche de la saturation (6.000 éléments), le Canibal 2.0 le signale en se connectant par GPRS. L’appareil a déjà séduit de grandes entreprises, qui l’ont commandé à plusieurs dizaines d’exemplaires.


Un outil de différenciation

L’innovation et le design peuvent aussi se nicher dans des outils beaucoup moins techniques. Ainsi, le marteau mis au point par la société Leborgne s’attaque aux risques de troubles musculo-squelettiques grâce à un procédé réduisant les vibrations transmises par le manche. La vénérable entreprise, née en 1829 et qui fait désormais partie du groupe Fiskars, a toujours insisté sur l’innovation et possède de longue date un bureau d’études. Depuis une dizaine d’années, elle s’est renforcée avec l’arrivée d’un designer chargé de donner un regard neuf. « Nous avons apporté des réponses à des questions qui n’étaient pas formulées et que les gens ne se posaient même pas », reconnaît Emmanuel Rado, le designer de l’entreprise. Résultat, en une dizaine d’années, Leborgne est parvenu à vendre jusqu’à 100.000 produits par an contre environ 40.000 auparavant. Son titre de gloire : garder l’avantage sur le géant de l’outillage, Stanley, grâce à un positionnement haut de gamme.


Approche semblable chez Cornilleau, fabricant français de tables de ping-pong, qui s’est depuis peu lancé sur le marché des raquettes, dominé par les fabricants asiatiques. « Le design nous permet de nous différencier et souligne le caractère innovant des produits », insiste Servane Hamot, responsable marketing communication de la PME, qui demeure le seul industriel français en compétition face à Décathlon.


Anticiper les nouveaux usages

Le design est aussi indispensable dès lors qu’on aborde le numérique et les nouveaux usages. La tablette numérique Isorg, mise au point par la société éponyme (un essaimage du CEA Liten) est une interface numérique non tactile. Grâce à la présence de photodétecteurs, il suffit de passer sa main au-dessus pour commander un ordinateur et par exemple jouer à un jeu de ping-pong. Demain, ce genre d’interface permettra peut-être de piloter un équipement électroménager ou une machine-outil.


Les designers sont aussi, de plus en plus, mis à contribution dans la mise au point de logiciels ou d’applications. « Le logiciel présente la particularité de créer avec l’utilisateur de l’interaction, avec un grand nombre de possibilités dont beaucoup non prévues. Cela reste toutefois du design et il faut anticiper les nouveaux usages », explique Jean-Louis Fréchin du cabinet NoDesign, récompensé cette année pour Harmonav, une application mobile destinée aux usagers des transports publics franciliens. Ce service offre à l’usager des informations sur les meilleurs moyens de transport, choisis en fonction de ses contraintes (voyage souterrain ou en surface, vitesse, accessibilité), mais également des commentaires d’autres voyageurs : panne d’un ascenseur, trains bondés dans un secteur...

L’Observeur du design met aussi en avant de tout jeunes créateurs d’entreprise. Cette année, c’est le cas de Philippe Arrouart, inventeur d’un casque de vélo pliable, Overade, qui espère bien pouvoir lever les fonds pour lancer sa société.


Frank NIEDERCORN, Les Echos, 08/11/2011

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