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Le conseil d'Accor ouvre la voie à une séparation des deux activités du groupe

19.12.2009, source : Les Echos.fr

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Le conseil d'administration a validé hier à l'unanimité, moins la voix de la Caisse des Dépôts, la « pertinence » d'une scission du géant de l'hôtellerie. Le numéro deux du groupe, Jacques Stern, prend les commandes du pôle Services qui sera, a priori, mis en Bourse « courant 2010 ».
Accor s'achemine cette fois-ci inéluctablement vers une scission historique. Celle-ci interviendra a priori « courant 2010 ». Quasi unanime, son conseil d'administration a en effet « validé » hier « la pertinence de la séparation » des deux grands métiers du groupe, l'hôtellerie d'une part, et les services prépayés d'autre part. Seul, le représentant de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Alain Quinet, le numéro deux de l'établissement public financier, s'est déclaré opposé à un tel projet, confirmant ainsi la position de la CDC et du Fonds stratégique d'investissement (FSI), émanation de la Caisse et détenteur d'une participation de 7,5 % dans le capital d'Accor.
Ce résultat sans appel constitue une victoire éclatante pour l'actionnaire principal, les sociétés d'investissement Colony Capital et Eurazeo, qui détiennent de concert environ 30 % du capital d'Accor, et qui, comme l'a rappelé récemment le directeur général du FSI, portent le projet « depuis le début ». Il faut en effet rappeler que le conseil d'administration compte douze membres, dont six considérés comme indépendants, le duo Colony-Eurazeo ayant au total quatre sièges au conseil. Petit détail : si le patron-fondateur de Colony, Tom Barrack, n'était pas présent hier lors de cette réunion cruciale, son vote n'en a pas moins été exprimé, favorablement bien entendu.
Dans un communiqué, publié après Bourse, Accor a indiqué que les études, menées par la direction à la demande du conseil, « font clairement ressortir que la séparation permettrait à l'hôtellerie et aux services prépayés, chacun leader mondial dans son domaine, d'accélérer leur développement ». Si, a-t-il précisé, les modalités de l'opération « seront arrêtées dans les mois à venir », le PDG du groupe, Gilles Pélisson, a tout de même apporté quelques précisions d'importance, à l'occasion d'une conférence téléphonique. Il a ainsi qualifié de « scénario central » la cotation d'Accor Services, à raison d'une distribution d'une action de la future entité pour une action Accor actuellement détenue. Concernant le calendrier, le dirigeant, aux commandes depuis le 9 juin 2006, a fait état d'une convocation d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires « au plus tôt »fin juin.
Par ailleurs, le volet management de la séparation se précise. Gilles Pélisson n'a pas caché hier soir, qu'en tant que patron actuel des activités hôtelières d'Accor, il avait vocation à piloter le groupe recentré sur l'hôtellerie. Par ailleurs, le directeur général délégué d'Accor, Jacques Stern, véritable numéro deux, prend les commandes du pôle Services, tout en conservant les finances, a-t-on appris hier soir. Ces autres fonctions opérationnelles - stratégie, développement hôtelier, systèmes d'information et achats -sont désormais rattachées à Gilles Pélisson. Selon nos informations, le directeur général d'Accor Services, Serge Ragozin, a appris la nouvelle après la réunion du conseil et n'aurait pas l'intention de démissionner.
Enfin, dans un communiqué à part, le duo Colony-Eurazeo a assuré, sous réserve de la réalisation de la scission, qu'il sera actionnaire des deux entités séparées avec un engagement de conserver ses participations jusqu'au 1er janvier 2012.
CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos le 16/12/09
 

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