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Le climat des affaires reste mal orienté en France

27.11.2012, source : Les Echos.fr

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Les chefs d’entreprises interrogés par l’Insee en novembre ne voient pas leur activité s’améliorer dans les prochains mois.

Optimistes et pessimistes trouveront leur compte dans les chiffres sur le climat des affaires en France publiés ce vendredi matin par l’Insee. Les premiers noteront que le moral des industriels s’est très légèrement redressé en novembre et que d’une manière générale le climat des affaires a lui aussi grappillé quelques points. Les seconds au contraire auront sans doute beau jeu de noter que moral et climats reste ternes et dans de basses eaux. Et que dans le même temps le moral des entrepreneurs allemands a pris tous les experts à contre-pied en s’avérant nettement meilleur que prévu.

Pour autant, la vérité est sans doute entre les deux. « Selon les chefs d’entreprises interrogés en novembre 2012, la conjoncture dans l’industrie reste mal orientée en dépit d’une légère amélioration de l’indicateur synthétique du climat des affaires », résume de fait l’Insee. Si cet indicateur progresse de 3 points par rapport au mois précédent, à 85, il reste très en deçà de sa moyenne de longue période très en-deçà de son niveau moyen et entre deux eaux par rapport à ses niveaux extrêmes. Au plus fort de la crise financière mondiale, le moral des industriels s’était effondré, en mars 2009, à 69 points, avant de remonter progressivement jusqu’à 111 points mi-2011 puis de repartir à la baisse.

Des carnets de commandes toujours peu étoffés

Seule véritable certitude, les chefs d’entreprises ne voient pas l’horizon s’éclaircir au cours des prochains mois. « Si les carnets de commandes globaux se sont regarnis et les carnets de commandes étrangers sont jugés quasi stables, ils restent tous deux considérés comme étant très peu étoffés », soulignent en effet les experts de l’Insee. Dans le même temps, les stocks de produits finis sont stables et leur niveau est jugé supérieur à leur moyenne de longue période.

Tous les secteurs ne sont cependant pas logés à la même enseigne Ainsi, dans l’agroalimentaire les carnets de commandes se regarnissent mais le solde d’opinions des chefs d’entreprises sur leur activité future se replie et se situe au-dessous de son niveau de long terme.

En revanche, dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines, alors que les carnets de commandes globaux et étrangers demeurent très peu fournis, au vu des perspectives personnelles de production, l’activité devrait se raffermir dans les prochains mois, selon l’Insee. Dans le secteur de l’automobile, l’opinion des dirigeants sur leur activité future rebondit mais les stocks de produits finis sont jugés lourds et les carnets de commandes globaux et étrangers continuent de se dégarnir. Dans la pharmacie, la chimie, la métallurgie et le caoutchouc l’activité devrait rester dégradée, selon l’Insee.

Le commerce de détail plus confiant que celui de gros

Dans le commerce, la situation est tout aussi compliquée. Le climat général est ainsi bien orienté dans le commerce de détail (et plus particulièrement dans le commerce généraliste alors que dans le commerce spécialisé le pessimisme est toujours d’actualité) par contre il reste « terne » dans le commerce de gros. « Les grossistes signalent une dégradation de l’activité passée » mais anticipe une stabilisation à l’avenir selon l’Insee.

Claude FOUQUET, Les Echos, 23/11/2012

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