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Le chômage se stabilise en dépit de la baisse de l'activité partielle

05.12.2009, source : Les Echos.fr

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Mettant fin à cinq trimestres de hausse, le taux de chômage au sens du BIT s'est maintenu au troisième trimestre à 9,1 % de la population active en France métropolitaine. Le recours au chômage partiel s'est nettement replié. Les jeunes sont toujours les plus frappés par la crise.
Au jeu des paris, celui-ci n'avait rien d'évident. En progression constante depuis l'été 2008, le chômage s'est stabilisé au troisième trimestre. Selon l'enquête de l'Insee publiée hier, le taux de chômage au sens du BIT s'est maintenu à 9,1 % de la population active en métropole, avec 2,583 millions de chômeurs. Si l'on inclut les départements d'outre-mer, le taux de chômage s'établit à 9,5 % (+ 0,1 point par rapport aux trois mois précédents).
La crainte de franchir le seuil symbolique des 10 % dès la fin de l'année s'éloigne. Après avoir touché un plus bas de 7,1 % au premier trimestre 2008, le taux de chômage est ensuite remonté fortement à son niveau de 2006. Sur un an, la hausse reste importante, puisqu'elle représente 1,7 point. Les jeunes sont toujours les plus frappés par la crise : le taux de chômage des 15-24 ans progresse encore de 0,3 point par rapport au trimestre précédent pour atteindre 23,8 %. Sur un an, le taux de jeunes chômeurs bondit de 4,6 point.


Moins d'emplois détruits

Fait encourageant : le taux de chômage s'est stabilisé, alors que le recours à l'activité partielle a été nettement moins important qu'au cours des trimestres précédents : il a concerné 143.000 personnes au troisième trimestre après avoir culminé à 258.000 entre avril et juin. De 1 % de la population en emploi au deuxième trimestre, la proportion est retombée à 0,6 %, une baisse liée à la reprise d'activité dans l'industrie.
« Cette stabilité du chômage est encourageante, estime le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez. C'est sur le troisième trimestre que les mesures pour l'emploi et que le plan de relance ont commencé à produire pleinement leurs effets. »
La France a nettement moins détruit d'emplois au troisième trimestre (5.500) que lors des mois précédents. En outre, la hausse du nombre d'inscrits à Pôle emploi au cours de cette période a été relativement contenue (+ 50.000 chômeurs de catégorie A).
Pour autant, la fin de l'année pourrait être plus difficile. Rien que sur le mois d'octobre, le nombre d'inscriptions à Pôle emploi (+ 52.400) a été supérieur à celui cumulé des trois mois précédents.


Mauvais chiffres en octobre

Au quatrième trimestre, « on aura une légère aggravation du chômage au sens du BIT parce que, tout simplement, on a eu des chiffres au mois d'octobre qui nous laissent penser que les demandeurs d'emplois sont en augmentation »,a indiqué hier Christine Lagarde, la ministre de l'Economie.
De son côté, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, estime que la France est « loin d'être sortie de la crise »et « tant qu'on ne retrouvera pas des taux de croissance élevés, le chômage va continuer de progresser ».
FRÉDÉRIC SCHAEFFER, Les Echos le 04/12/09
 

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