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Le bricolage résiste à la crise, mais sa distribution se concentre

29.06.2014, source : Les Echos.fr

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Stable en 2013, le marché est reparti à la hausse début 2014, soutenu par la création de magasins.
Celle-ci se double d’une accélération de la concentration des réseaux.

Le bricolage résiste à la crise, mais n’échappe pas aux mouvements de concentration qui touchent la distribution dans la plupart des univers de la consommation. Selon le bilan annuel effectué conjointement par Unibal, pour les industriels, et la Fédération des magasins de bricolage (FMB), pour les distributeurs, le marché français est resté stable en 2013, à + 0,1 % en valeur, soit 24,5 milliards d’euros. Compte tenu d’une inflation estimée à 0,8 %, ces chiffres traduisent néanmoins une légère baisse des volumes de vente des clous, vis et autres carrelages ou moquettes.

Le pire a néanmoins été évité après le printemps pourri de l’an passé qui a fait chuter les ventes de produits liés au jardin. Le rétablissement du marché s’est opéré durant l’été pour se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. A fin mai, les ventes ont ainsi progressé de 2,5 % en cumul annuel et à périmètre comparable, selon la Banque de France, et de 4,8 % en comptant l’ouverture de nouveaux magasins, selon l’Unibal.


Bonne tenue du marché de l’immobilier ancien

« Notre marché a bien résisté », résumait le 23 juin devant la presse Frédéric Sambourg, président de la FMB et par ailleurs adhérent Bricomarché. La baisse de 20 % environ des mises en chantier de logements neufs, qui a fortement pénalisé l’ameublement, a été compensée pour le bricolage par la bonne tenue des transactions immobilières dans l’ancien, a-t-il souligné. Des propos tempérés par son homologue d’Unibal, Gilles Caille, pour qui « le marché reste hésitant, la confiance n’est pas encore de retour ».

De fait, la stabilité enregistrée en 2013 ne tient qu’aux 281 147 nouveaux mètres carrés de surface de vente spécialisée inaugurés dans le pays. A périmètre constant, le marché ressort en baisse de 1,9 % en valeur et de 2,7 % en volume. Même si la France reste « sous-équipée en magasins de bricolage dans les zones rurales et rurbaines », affirme Frédéric Sambourg, force est de constater que la concentration des circuits de distribution s’accélère. Un phénomène classique en période de crise.

D’abord, la concentration s’opère en faveur des grandes surfaces de bricolage qui captent 76 % des ventes, contre 17 % pour les négociants en matériaux comme Gédimat ou Point P. De leur côté, les hypermarchés délaissent chaque année un peu plus cette activité. Les ventes de leurs rayons ont baissé de 4,45 % en 2013 et leur part de marché est passée sous les 4 %.

Les chiffres montrent clairement ensuite que la concentration s’accélère au sein même de la famille des grandes surfaces spécialisées. Quatre groupes représentent déjà 92 % du marché : Adeo, qui exploite Leroy Merlin, Bricoman et Weldom (37,7 % ), Kingfisher France, avec Castorama et Brico Dépôt (33,5 % ), Mr. Bricolage (10,8 % ) et Bricomarché (10 % ). Avec le rachat en cours de Mr. Bricolage par Kingfisher France, deux groupes détiendront plus de 80 % des ventes… Une matière à réflexion pour l’Autorité de la concurrence qui doit plancher sur l’opération de fusion-acquisition.

À noter

Industriels et distributeurs du bricolage viennent d'établir un nouveau code de bonne conduite de leurs relations commerciales.

 

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