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Le bricolage a souffert de la crise du bâtiment en 2009

09.05.2010, source : Les Echos.fr

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Cela peut paraître paradoxal. A l'heure de la crise, où le « faites-le vous-même » devrait assurer les beaux jours du marché du bricolage, celui-ci a baissé en France en 2009, et ce, pour la première fois depuis des années. Selon l'enquête annuelle de l'Unibal (Union nationale des industriels du bricolage, du jardinage et l'aménagement du logement), la baisse a été de 2,2 % en euros courants et de 3,4 % en euros constants, à 22,47 milliards d'euros.

L'enquête trouve plusieurs explications au phénomène. Le secteur du bricolage a d'abord souffert de la crise du bâtiment et de l'immobilier. Les négoces en matériaux, c'est-à-dire les points de vente spécialisés dans la fourniture, aux particuliers, mais aussi aux professionnels, des parpaings, sacs de ciment et autres produits nécessaires au gros oeuvre ont, en effet, vu leur chiffre d'affaires global chuter de 10 %, à 4 milliards d'euros.

A l'autre bout du spectre des réseaux de distribution d'articles de bricolage, les grandes surfaces alimentaires (GSA) ont connu, elles aussi, une nette baisse de leur activité, de 5,3 %, à 1,19 milliard. Celle-ci n'est pas due à la seule conjoncture. « La plupart des GSA se concentrent de plus en plus sur le consommable, en réduisant leur rayon bricolage au profit d'activités plus rentables », écrivent les auteurs de l'étude. De fait, si l'on excepte les produits pour les motos et les autos un peu abusivement comptés dans les ventes du bricolage, on constate que dans les hypers et supermarchés ce sont surtout les rayons électricité et luminaires ainsi que décoration qui séduisent le plus de clients, avec, respectivement, 26 % et 17,3 % des achats.


Le jardinage tire les ventes

Pour les poids lourds du marché, les grandes surfaces de bricolage (GSB), la situation est tout autre. Il s'agit du seul circuit en progression avec une très légère croissance de 0,2 % en valeur absolue. Une performance toutefois relative. Car c'est, d'abord, le jardin (+ 7,1 % ) qui tire les ventes des Castorama et autres Leroy Merlin, le bricolage pur régressant de 0,6 %. On voit, ensuite, que la croissance est portée par les ouvertures et agrandissements de magasins. La surface totale des points de vente (7,34 millions de mètres carrés pour 2 373 magasins) a ainsi crû de 3 %. Stabilité des ventes et croissance des surfaces : logiquement, le chiffre d'affaires au mètre carré a baissé de 2,9 %. Autrement dit, même pour les spécialistes du secteur, à périmètre constant, le marché a baissé en 2009.

Dans les GSB, les rayons phares ont été, outre le jardin, la plomberie-sanitaire, la décoration, le bois et dérivés ainsi que l'électricité et le luminaire. Même s'il reste important, le rayon matériaux (10 % des ventes) n'arrive qu'en 5 e position. Là encore, on s'aperçoit que les bricoleurs ont privilégié la décoration et les réaménagement intérieurs à la construction lourde. Des activités d'embellissement dont la croissance ne tiendra toutefois à l'avenir que si le bâtiment repart.

Philippe Bertrand, Les Echos, 05.05.2010

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