Les secteurs

Le bâtiment limite la casse.

30.09.2009, source : Les Echos.fr

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On prédisait la pire crise économique depuis 1929. En réalité, « les Cassandre qui prévoyaient il y a un an 180.000 pertes d'emplois dans le secteur du bâtiment ont eu tort », s'est félicitée hier la Fédération française du bâtiment (FFB) par la voix de son président, Didier Ridoret.

Les chiffres arrêtés à juillet le montrent, après être entré en récession fin 2008, le secteur a finalement limité la casse. « Sur le premier semestre 2009, il a perdu 36.600 emplois par rapport au premier semestre 2008, dont 21.200 au titre du seul intérim », a précisé Didier Ridoret. Sur la même période, la fédération estime que le chiffre d'affaires du bâtiment (environ 120 milliards d'euros) a globalement reculé de 5,1 % en monnaie constante (hors inflation), dont - 6,8 % dans le neuf et - 2,5 % dans la rénovation, qui représente la moitié de l'activité du secteur. Elle s'attend à un bon quatrième trimestre et à un recul limité à 4 % sur l'ensemble de l'année. Mieux : même si la crise économique se fait sentir avec un temps de décalage, la FFB ne prévoit pas de nouvelle dégradation de la santé de ses membres. « Si les prochains mois resteront difficiles, de nombreux facteurs militent pour une stabilisation de l'activité en 2010, au pire, pour une légère reprise, au mieux, poursuit Didier Ridoret. Sous réserve de cet arrêt de la dégradation de l'activité à moyen terme, la tendance à la stabilisation de l'emploi, anticipée par les entrepreneurs et artisans du bâtiment, pourrait se confirmer courant 2010. »

Seul bémol à ces prévisions : l'absence de statistiques sur les mises en chantier pour les corroborer. Depuis fin mars, le ministère de l'Ecologie connaît des ratés informatiques qui ne lui permettent plus de les fournir. Sur la base des remontées du terrain, la FFB table sur 340.000 à 350.000 mises en chantier cette année, contre 368.000 l'an passé.


« Verdissement »

Mais ce sont surtout les autorisations de construire et les enquêtes d'opinion qui la rendent confiante dans une stabilisation du secteur en 2010. Elle en attribue le mérite avant tout aux mesures de relance du logement et à l'augmentation des investissements publics, toujours dans le cadre du plan de relance. « Contrairement aux autorisations de construire dans le non-résidentiel privé (hors commerce) qui plongent de 14,4 %, les permis de bâtiments administratifs s'inscrivent en hausse (+ 6,4 %, en glissement annuel sur 6 mois à fin juillet) », souligne la FFB. Elle craint toutefois un « verdissement » brutal des aides à la construction par la loi de finances pour 2010 et plaide pour un processus progressif, étalé sur plusieurs années. Subordonner dès l'an prochain l'avantage fiscal Scellier à une performance énergétique élevée du logement, par exemple, mettrait les promoteurs dans une situation impossible, souligne la FFB, car ceux ayant un chantier à livrer avant fin 2010 n'ont plus le temps de modifier leur construction.

Myriam Chauvot, Les Echos, le 23/09/09



 

 


 

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