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La vente de produits en vrac tente de sortir de la consommation militante

22.12.2012, source : Les Echos.fr

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La grande distribution y a fait de rares incursions plutôt positives. L’intérêt économique et environnemental, s’il est probable, n’est pas garanti.

Face au pouvoir d’achat chancelant des Français, la vente en vrac de produits paraît promise à un nouvel avenir. Mais elle peine à sortir des sphères de la « distribution militante », comme celle des magasins bio. Les grandes enseignes dont l’essor, dans les années 1970, avait failli être fatal à ce mode de consommation traditionnel dans les petites épiceries, l’ont remis au goût du jour. La moins timide, Auchan, déploie dans ses 126 hypermarchés des zones « self-discount » qui alignent plus de 350 produits. Leclerc a, lui, implanté des distributeurs de lait dans ses grandes surfaces en Bretagne.

Et certaines grandes marques s’y sont mises, dans la parfumerie notamment avec des fontaines à parfum. Mais, selon l’étude publiée hier par l’Ademe et réalisée par l’institut Mes courses pour la planète, au final, elles ne foisonnent pas.

La crise propice à la relance du commerce en vrac

« Comment aller plus loin ? », s’interroge Elisabeth Laville, la fondatrice de cet institut, alors même que les crises économique et écologique sont propices à la relance du commerce en vrac. Un produit vendu sous cette forme serait en effet de 5 % à 40 % moins cher que son équivalent conditionné, affirme l’étude.

La chaîne de magasins Biocoop en tire d’ailleurs argument pour rendre plus accessibles des produits bio généralement plus chers. Ce qui ne veut pas dire que fabricants et distributeurs y trouvent un intérêt économique. « La construction du prix de ces produits, aujourd’hui, n’est pas assez transparente pour argumenter de manière certaine » en ce sens. Le système peut, notamment, s’avérer coûteux en personnel, le client devant être davantage accompagné, sinon surveillé.

Pas de certitude, non plus, sur le point de savoir si la vente en vrac a un « impact environnemental global » foncièrement positif. La formule permet certes d’alléger le poids des poubelles et, en principe, elle décourage également le gaspillage alimentaire, mais là encore il n’y a pas de données objectives.

Sur le plan sanitaire, l’étude ne signale aucun problème de sécurité. Même si la vente en vrac est un vrai défi, s’agissant des produits frais et des cosmétiques, sensibles aux contaminations.

Joël COSSARDEAUX, Les Echos, 14/12/2012

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