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La grande distribution croit toujours au vêtement bio

24.11.2009, source : Les Echos.fr

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De nombreux distributeurs souhaitent augmenter la part du coton bio dans leurs collections en tissant des liens avec les producteurs. Démonstration en Inde, dans une coopérative certifiée à la fois biologique et équitable.
Le textile bio n'est plus réservé aux petites boutiques : on le trouve désormais chez chez les mastodontes de la distribution. L'an dernier, Wal-Mart, C&A, Nike, H&M et Zara constituaient le Top 5 des vendeurs de vêtements écologiques dans le monde. Les chaînes de distribution se sont engagées au global à augmenter de 24 % leur approvisionnement en 2009 et de 33 % l'an prochain. Depuis plusieurs années, Wal-Mart a subventionné la conversion de milliers de producteurs. Mais l'an dernier, le groupe a changé de stratégie : il n'achète plus de coton directement, mais se repose sur des fournisseurs qu'il audite, en Turquie ou ailleurs. « Wal-Mart est très proche de réaliser ses objectifs » , estime
L'européen C&A, lui, est en train de dépasser toutes ses prévisions puisqu'il tablait sur la vente de 12 millions de vêtements écologiques, alors qu'il s'approche des 20 millions cette année. En deux ans, l'entreprise a noué des relations avec une vingtaine de fournisseurs indiens, des fileurs ou des assembleurs. Quant à Nike, la marque pense doubler à 10 % la part de sa gamme biologique en quelques années.


55 % de l'offre pour Monoprix

En France, Monoprix se positionne à la pointe de cet engagement. « Nous souhaitons proposer 10 % de nos collections mode en coton biologique l'an prochain »,promet Liliane Rosas, directrice textile de Monoprix. La chaîne s'approvisionne en totalité auprès de Remei, un courtier en coton biologique dont la production vient en majorité d'Inde (lire ci-dessous). Le distributeur veut tenir son cap écologique malgré deux années difficiles. Ses dirigeants reconnaissent n'avoir pas atteint leurs objectifs passés : « Le textile bio subit la crise dans la même proportion que le textile conventionnel, avec 10 % de ventes en moins, contrairement à l'alimentation bio, qui connaît des croissances de 25 à 30 % depuis deux ans. Même en temps de crise, les consommateurs sont sensibles à l'argument santé de l'alimentation, qui est moins évident pour les vêtements », explique Robert Belleudy, directeur des ventes. Monoprix avait acheté 314 tonnes de coton auprès de Remei en 2007, sa commande a chuté à 193 tonnes cette année. Le distributeur Coop, lui, a pris des engagements encore plus ambitieux. L'équivalent suisse de Monoprix a déjà atteint 55 % de son offre textile en coton biologique et promet d'atteindre 100 % à terme. Pour Remei, il reste le client le plus fidèle, ayant maintenu ses achats en temps de crise. On trouve plusieurs marques et distributeurs de taille plus petite qui sont passés à 100 % en approvisionnement biologique.
Reste que ces activités sont un marché de niche avec un chiffre d'affaires de 3,2 milliards de dollars (2,15 milliards d'euros) l'an dernier. Comme le rappelle une étude de l'Institut français de la mode d'avril 2009, « la mode demeure relativement à l'écart des débats sur le développement durable, elle reste synonyme de plaisir ». Bien souvent, le textile durable se limite à « une petite collection de tee-shirts noyée dans la masse de l'offre des grandes enseignes ».

M. Q., Les Echos le 23/11/09

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