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La France profite de l'appétit croissant des investisseurs pour les murs d'hôtels

10.02.2013, source : Les Echos.fr

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Les ventes d’hôtels devraient reprendre dans le monde en 2013, après une baisse en 2012. L’activité reste soutenue sur le marché français qui profite de sa diversité.

Le marché immobilier dans l’hôtellerie a marqué le pas en 2012, mais l’heure est à la reprise. Tel est, en substance, le constat du numéro un mondial des services à l’immobilier hôtelier, Jones Lang LaSalle Hotels & Hospitality. Il a publié hier sa dernière étude annuelle, qui fait état d’une baisse de 5 % en 2012 du montant total des investissements dans le monde par rapport à l’année précédente, à 31,5 milliards de dollars. Si la zone Amériques a renoué avec la croissance (17,5 milliards de dollars investis, + 2,5 % ), l’activité s’est effondrée en Asie-Pacifique (- 22,5 %, à 3,3 milliards). Elle a fléchi de 13 % pour l’ensemble Europe-Moyen-Orient - Afrique, à 11 milliards de dollars, dans un contexte d’incertitude économique et de difficultés de financement des transactions.

La France a, pour sa part, confirmé son statut de deuxième pays le plus actif en Europe - après le Royaume-Uni - avec un volume de transactions en hausse, à 2,2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros), contre 2,1 milliards en 2011.

« Clientèle diversifiée »

Concernant l’Hexagone, le groupe de services à l’immobilier DTZ, qui vient de diffuser son étude annuelle sur l’hôtellerie française, donne, lui, un volume de transactions proche de 2,2 milliards d’euros, après 1,6 milliard en 2011, ce qui fait de 2012 « la meilleure année depuis 2006 » ! La différence avec le bilan de Jones Lang LaSalle s’explique par la prise en compte de la vente à un investisseur qatari par Starwood Capital de ses derniers hôtels haut de gamme - notamment le Martinez à Cannes - de l’ex- Société du Louvre.

Tout juste finalisée, cette opération, de quelque 700 millions d’euros, témoigne de l’appétence des investisseurs, en particulier du Moyen-Orient, pour ces actifs plutôt emblématiques, les « trophy assets » dans le jargon des professionnels. Mais, comme le souligne le directeur général Europe du Sud de Jones Lang LaSalle Hotels & Hospitality, Yves Marchal, « le marché français a un bon équilibre entre "trophy assets" et portefeuilles d’établissements économiques ». En outre, « la clientèle des investisseurs est diversifiée ».

Outre les institutionnels européens, les investisseurs du Moyen-Orient et d’Asie - ces derniers sont de plus en plus présents -, le marché est aussi animé par des fortunes privées françaises qui se sont constituées dans d’autres secteurs (notamment le commerce-distribution et le transport). La demande est donc toujours au rendez-vous, alors que des actifs sont à vendre dans des catégories autres que le haut de gamme ou le luxe. Ainsi, Accor poursuit ses cessions de murs. En outre, des portefeuilles d’hôtels économiques doivent changer de mains pour cause de retraite des propriétaires franchisés.

En dépit de ces éléments favorables, DTZ se montre néanmoins prudent sur 2013 considérant que « la morosité de l’économie européenne […] pourrait peser », et table sur un volume d’investissements compris entre 1 et 2 milliards d’euros, sous réserve d’événements exceptionnels.

A contrario, Jones Lang La Salle estime « bonnes » les perspectives du marché immobilier hôtelier français et s’attend à un volume « aux alentours » de 2,3 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros), opération Starwood comprise.

D’une manière générale, le numéro un mondial des services à l’immobilier hôtelier prévoit une croissance dans toutes les zones du monde, d’où un total de transactions de 33 milliards de dollars. Celui-ci est susceptible de grimper à « 40 à 50 milliards de dollars dans les quatre à cinq années à venir », indique Yves Marchal. « Il y a beaucoup d’argent à investir, d’abord aux Etats-Unis, où la rotation des actifs s’accélère », conclut-il.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 07/02/2013

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