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La Fnaim confirme la sortie de crise de l'immobilier

13.07.2010, source : Les Echos.fr

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La Fédération nationale de l'immobilier annonce une hausse des prix de 0,1 %  sur un an sur le plan national et de 6,8 % à Paris. Si ses chiffres diffèrent de ceux publiés récemment par Century 21, ils pointent aussi la fin de la baisse des prix.


La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) présentait hier son rapport sur l'immobilier ancien. Les deux réseaux étant différents, les chiffres ne reflètent pas exactement ceux publiés en début de semaine par Century 21 (voir « Les Echos » du 7 juillet). Mais la Fnaim confirme que la tendance lourde du marché correspond à une sortie de crise. Sans enregistrer le niveau de hausse de Century 21, la Fnaim observe une stabilisation des prix. Selon les chiffres, la hausse des prix entre le 1 er semestre 2009 et le 1 er semestre 2010 s'établit à 0,1 %, et la baisse des prix « semble donc toucher à sa fin », selon l'expression du président René Pallincourt. Century 21 annonçait pour sa part une hausse de 8,48 % des prix pour la même période, mais avec des référentiels différents, et notamment une base de prix moyen pour 2008 inférieure. Selon la Fnaim, on reviendrait ainsi à une situation de prix (appartements comme maisons) similaire à celle de 2005. La fédération indique que les prix s'établissent en moyenne sur le plan national à 2.400 euros au deuxième trimestre 2010, contre 2.386 euros au premier. Pour mémoire, Century 21 annonce un prix moyen national de 2.508 euros le mètre carré pour le 1 er semestre 2010. Comme son confrère, la Fnaim fait également fait état d'une hausse des prix à Paris qui fait bien figure d'exception. Elle s'établit à 6,8 % d'augmentation en moyenne (Century 21 donnait, elle, 15 % ). D'autres variations existent également, comme la perception des tendances des prix dans les régions, la Fnaim voit en effet nombre d'entre elles avec des prix à la baisse ou n'évoluant pas. En revanche, sur l'état du marché immobilier et le profil des acquéreurs, la fédération constate elle aussi des changements, comme la part accrue de pluri-accédants, la hausse des prix et la faiblesse du taux d'intérêt permettant ainsi à un ménage ayant acheté en 2000 et qui revendrait cette année de financer son nouvel achat à 75 %, pour une même surface.


Divergence de statistiques

Comment expliquer la différence de constat des deux études ? «  Je ne m'explique pas la différence avec les résultats de Century 21 », a déclaré René Pallincourt, président de la fédération, défendant la fiabilité de la base de données qui représenterait 10 % du marché français de l'immobilier, et existe depuis 1985 - avec quelques arrangements depuis. Cette différence peut s'expliquer assez aisément par des divergences dans l'échantillonnage retenu. En effet, si le réseau Century a une remontée systématique des données de toutes ses agences, ce n'est pas le cas de la Fnaim, dont les données dépendent de la bonne volonté des agences syndiquées (dont certaines font partie de Century 21, environ 35 % de ses agences). Cette divergence entre les statistiques fournies par Century 21, Orpi, Fnaim, Guy Hoquet ou par les notaires (avec l'Insee) est à l'origine d'une polémique qui existe depuis déjà plus d'un an sur la fiabilité des chiffres, mettant particulièrement la Fnaim dans le collimateur. Pour Laurent Vimont, président de Century 21 France, «  il est compliqué d'expliquer pourquoi là où tous ont constaté une hausse, la Fnaim voit une baisse », et précise que «  la réponse arrivera dans trois mois, lorsque les notaires feront tomber leurs chiffres », ceux-ci étant calculés sur la base des actes notariés, et considère la polémique comme « stérile ». Ce qui n'est pas le cas de Benoist Apparu, secrétaire d'Etat chargé du Logement, qui dénonce un « trop-plein » de statistiques et souhaite une agence de notation chargée de classer les sources.


J. P., Les Echos, le 09.07.10

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