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La FNAC a retrouvé du souffle un an après son retour en Bourse

26.06.2014, source : Les Echos.fr

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En un an, le cours a gagné 60 %. Une performance pour une enseigne opérant sur des marchés très chahutés.

En attendant la célébration en octobre prochain des soixante ans de sa création par Max Théret et André Essel, c’est un autre anniversaire que fête aujourd’hui la Fnac : son retour en Bourse il y a un an, jour pour jour, le 20 juin 2013. Un tournant dans une période où s’est joué l’avenir de la chaîne de biens culturels, que le groupe Kering a décidé d’affranchir.

Avec un cours de 38,14 euros jeudi 19 juin à la clôture, le titre a gagné près de 60 % en douze mois. Il avait été certes introduit à 22 euros, soit une valorisation de 365 millions inférieure à l’estimation des analystes autour des 400 millions. Et à quelque 633 millions le 20 juin, la capitalisation reste faible au regard d’un chiffre d’affaires de quelque 4 milliards d’euros. Cela n’en constitue pas moins une performance quand le CAC 40 n’a pris, lui, que 19 %, et surtout pour une société opérant dans un secteur d’activité chahuté par la baisse du pouvoir d’achat, comme par la mutation numérique des produits éditoriaux. Beaucoup prédisaient à cette entreprise atypique, réputée socialement difficile à manœuvrer, un destin boursier digne d’Eurotunnel.



Investisseurs anglo-saxons

La performance surprend d’autant plus que, après le retrait des actionnaires de Kering que la classe d’actifs de la Fnac n’intéressait pas (ce n’est pas le cas d’Artémis, le holding de la famille Pinault qui demeure le premier actionnaire avec 38,88 % ), le PDG, Alexandre Bompard, et son directeur financier, Matthieu Malige, ont réussi à constituer un socle d’investisseurs anglo-saxons. Une curiosité, tant le concept de la Fnac, mêlant livres, disques et produits high-tech, est insolite dans la distribution mondiale. « Les Anglo-Saxons ont été pragmatiques. Ils ont travaillé et étudié de près le potentiel de la société », se souvient Matthieu Malige.

Mais l’inflexion du cours à la hausse est surtout intervenue fin février lors de la publication des résultats 2013, puis fin avril avec le chiffre d’affaires du premier trimestre 2014. Les analystes ont constaté l’enrayement de la baisse des ventes : - 3,6 % en 2013 (à 3,9 milliards d’euros), - 0,7 % au premier trimestre. Le résultat net est redevenu positif, à 15 millions, le résultat opérationnel courant a progressé de 13 %, à 72 millions, et le cash-flow libre a gagné 100 millions, passant de - 57 millions à + 48 millions.

Pour Alexandre Bompard, cette amélioration opérationnelle est due à trois facteurs principaux. D’abord, au virage de l’omnicanal. Les vendeurs sont désormais intéressés aux ventes de Fnac.com, qui représentent 15 % du chiffre. Ensuite, au retour à une agressivité commerciale nécessaire face aux casseurs de prix d’Internet. Cette politique de promotions a été financée par des renégociations commerciales avec les fournisseurs et 135 millions d’euros d’économies réalisées en deux ans (soit 12 % de la base de coût). Ainsi, la marge brute est restée stable, à 30 %.
Relais de croissance

Enfin, les rayons enfant et petit électroménager design ont apporté un relais de croissance : 8 % de chiffre d’affaires, qui n’existait pas auparavant et qui a compensé la baisse structurelle des autres marchés.

« Nous avons tenu la promesse de surperformer le marché de 5 points », résume le PDG, qui prépare désormais son plan stratégique 2020.. « Nous avons retrouvé toute notre attractivité vis-à-vis de nos partenaires et de nos clients. Nous innovons sur tous les fronts, avec de nouvelles offres produits, digitales, de services, mais aussi de nouveaux formats de magasin. », ajoute-t-il, soulignant l’investissement de 15 millions d’euros réalisé dans la formation de ses conseillers de vente. « Tout cela nous permet d’aborder l’avenir avec confiance », ajoute-t-il, suggérant qu’il souhaitait poursuivre l’aventure.

Philippe BETRAND, Les Echos, le 20/06/2014.

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