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La diversification des experts-comptables rejetée

19.04.2012, source : Les Echos.fr

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Satisfaits des relations entretenues avec leur expert-comptable, les directeurs financiers et comptables ne souhaitent pas que leur prestataire commercialise des produits annexes (assurances, produits financiers, etc.).

Un tout récent questionnaire rend compte de l’opinion que les entreprises se font de leurs auditeurs et experts-comptables. Réalisé fin 2011-début 2012, il a été élaboré par le cabinet Epsy, en collaboration avec VP Strat et le cabinet Denjean & Associés, auprès de 200 directeurs financiers, administratifs et comptables d’entreprises de 50 à plus de 2.000 salariés.

Premier constat : 53,1 % des répondants n’ont pas choisi leur expert-comptable, conseil historique de la société. Ceux qui on pu le choisir (30,8 % ) ont procédé principalement par recommandation ou prescription.

Mais, pour 41,1 % des sondés, changer de prestataires comptables induit la nécessité d’un processus d’apprentissage des rouages de l’entreprise, jugé « chronophage ». « Plus l’entreprise est importante et plus les périmètres d’intervention des directions sont limités, alors que dans les plus petites, le champ de compétence est plus large », commentent les promoteurs de l’étude. Le principal critère de sélection d’un expert-comptable est, pour plus de 8 répondants sur 10 (82 % ), son expertise et la compétence de ses équipes. Viennent ensuite les tarifs (44,5 % ) et la capacité à communiquer avec le commissaire aux comptes (23,4 % ). L’indépendance et la signature ne sont citées chacune que par 14,8 % des répondants. L’appartenance à l’ordre professionnel est évidemment jugée essentielle pour 90,9 % des entreprises.

En revanche, 3 répondants sur 4 se disent « choqués » à l’idée que leur expert-comptable puisse commercialiser d’autres produits et prestations (assurances, fournitures de bureau, placements de produits financier, etc.).

Les réformes de la profession comptable concernent « très peu » les entreprises clientes, d’après l’étude. La préconisation de ne pas choisir un cabinet d’audit international (un « big ») comme co-commissaire aux comptes (CAC) est considérée comme positive par 50 % des répondants et sans intérêt par 38 %.

Autres sujets : la séparation entre l’audit et le conseil est approuvée par trois quarts des répondants (75 % ) ; l’interprofessionnalité n’est guère plébiscitée puisque 2 responsables financiers ou comptables sur 3 (65,6 % ) ne souhaitent pas voir les métiers d’experts-comptables, de juristes et de conseils regroupés ; enfin, la limitation des mandats de CAC est souhaitée par 80,5 %. D’une durée de six ans, certains souhaiteraient voir ces mandats ramenés à trois ans, voire renouvelés chaque année. Mais, pour d’autres, abaisser leur durée ne permettrait pas au CAC d’avoir une connaissance approfondie de l’entreprise.

Question délicate : l’externalisation des services financiers pratiquée par 17,5 % des responsables interrogés. La délocalisation des équipes comptables à l’étranger est toutefois jugée choquante (67,3 % ). Reste que si la qualité de la prestation demeurait intacte, les répondants seraient prêts à l’accepter, mais aucun ne croit que cela soit possible.


Muriel JASOR, Les Echos, le 13/04/2012

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