Les secteurs

L. Vimont (Century 21) : « La vente se déclenche seulement lorsque les vendeurs ajustent leurs prix »

10.09.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Une baisse des prix peut-elle faire repartir le marché ?

Les vendeurs ont longtemps été habitués à des cycles de hausse des prix ; le marché absorbait alors sans difficulté les prix de mise en vente trop élevés souhaités par les vendeurs. Or, désormais, les prix de vente, sans s’être effondrés, se stabilisent ou se replient. Le marché n’est plus capable de compenser les valorisations surestimées. Tous les vendeurs ne l’ont pas encore intégré dans leur comportement. Certains n’écoutent pas les professionnels et mettent leur bien en vente à des prix de 5 à 15 % au-dessus des prix conseillés. Ce n’est généralement que lorsqu’ils ajustent leurs prix que la vente se déclenche. En face, les acheteurs connaissent bien le marché de l’immobilier et, avec des stocks de logements mis en vente en nette hausse, ils peuvent comparer plusieurs offres similaires et s’abstiennent si le prix semble exagéré. En clair, ils ne sont plus prêts à payer à n’importe quel prix.


Quel rôle les banques peuvent-elles jouer ?

Depuis le ralentissement du marché, il n’y a pas eu de panne du crédit. Le trou d’air aurait même été plus important si les taux de crédit immobilier n’avaient pas autant diminué depuis le début de l’année. Mais, dans le même temps, les conditions d’octroi ont été durcies, empêchant certains acquéreurs de concrétiser leur projet. Cette politique prudente a aussi ses bons côtés, puisque nous détenons en France le taux d’impayés le plus bas d’Europe. Récemment, elles ont à nouveau assoupli leurs conditions. Elles acceptent des apports un peu plus bas et des durées d’emprunt un peu plus longues.


Quelle mesure politique pourrait relancer l’activité ?

Selon moi, l’Etat ne devrait pas du tout aider le marché de l’ancien. Ainsi, le prêt à taux zéro a profité à de nombreux ménages qui auraient pu s’en passer et auraient de toute façon acheté. Dans bien des cas, les aides à l’acquisition ne font qu’alimenter la hausse des prix sans particulièrement stimuler l’activité. En revanche, l’Etat a un rôle à jouer pour soutenir la production de logements neufs. Or on ne sait pas encore ce qui viendra remplacer le dispositif Scellier qui remplissait ce rôle. Une mesure intéressante serait, par exemple, de permettre la conversion de bureaux pour créer des logements étudiants.

Propos recueillis par Edouard LEDERER, Les Echos, 07/09/2012

Dernières actualités