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L'Oréal à l'assaut du marché des spas et des instituts de beauté

04.06.2014, source : Les Echos.fr

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Le groupe veut devenir le numéro un mondial du circuit de la beauté professionnelle. Un marché en croissance de 5 % par an.

L’Oréal s’attaque à un nouveau circuit de distribution : celui du soin de la peau professionnel. Après Essie et ses vernis à ongles, le géant mondial vient d’intégrer Decléor et Carita, rachetés à Shiseido. Ces deux marques de cosmétiques, spécialisée dans l’aromathérapie pour la première, et les soins de luxe pour la seconde, ont la particularité d’être vendues dans le réseau des esthéticiennes et des spas.

Ce rachat marque aussi un virage stratégique pour la division des produits pour les coiffeurs de L’Oréal (2,3 milliards d’euros), qui va gérer ces marques. « Notre objectif, avec cette acquisition, est d’être présent dans tous les canaux de distribution pour répondre à toutes les envies de beauté. Le circuit du soin professionnel est très complémentaire de celui de la coiffure », relève An Verhulst-Santos, la directrice générale de la division produits professionnels.

Le marché des instituts et des spas est estimé à 3,8 milliards d’euros dans le monde, avec 500 000 points de vente. Un secteur très atomisé, puisque Decléor et Carita, qui cumulent près de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires « en sont le deuxième acteur mondial », précise la dirigeante. Le leader est une marque américaine, Dermalogica.

Internationaliser Decléor et Carita, c’est l’ambition de L’Oréal, notamment vers l’Asie. Aujourd’hui, ces deux marques sont surtout vendues en Europe de l’Ouest. Car ce marché bénéficie d’une dynamique mondiale, avec une croissance de 3 % à 5 % par an en moyenne sur les cinq dernières années, alors que celui des produits pour salons de coiffures recule dans les pays matures. Or, ces derniers représentent 75 % de l’activité de la division. « Ce secteur profite de la quête du bien-être sur mesure, et de l’aspiration des femmes pour une beauté personnalisée, un phénomène que l’on trouve également en Chine, en Inde ou au Moyen-Orient », explique An Verhulst-Santos.

Acquisitions

 Avec deux marques emblématiques, L’Oréal a une taille critique pour conquérir de nouveaux instituts. D’autant que ces griffes sont déjà connues des professionnels de l’esthétique. Créé en 1974, Decléor a lancé les premiers sérums 100 % naturels, et s’impose comme le leader mondial de l’aromathérapie. Les soeurs Carita, Maria et Rosy ont créé en 1951  « leur maison de beauté » à Paris (75), avec des produits pour visage et corps. L’ensemble de ces lignes est fabriqué dans une usine à Argenteuil. « C’est un nouveau métier. On doit d’abord bien regarder et comprendre, car il y a une magie à créer, précise An Verhulst-Santos. Notre objectif est de devenir le numéro un de ce marché d’ici deux à trois ans. » Pour cela, le groupe n’exclut pas d’autres acquisitions. Il avait déjà fait une tentative sur ce marché il y a six ans, en créant la marque Keraskin, des soins visage pour les salons de coiffure dotés d’instituts. Une expérience finalement stoppée l’an dernier. « Il s’agit d’un nouveau chapitre qui s’ouvre, mais bien sûr sans délaisser la coiffure », note la dirigeante.

La division produits professionnels, dont la croissance a été la plus faible du groupe l’an dernier (+2 % ), continue de former aux techniques de la coiffure dans les pays émergents, et tente de faire revenir les femmes dans les salons ailleurs.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 04/06/2014.

Les chiffres clefs

3,8 milliards d'euros.

Le marché mondial des spas et des instituts de beauté.

27 % 

La part des spas et instituts dans le marché de la beauté professionnelle.

Le marché mondial de la beauté professionnelle est évalué à 15 milliards d'euros, dont 67 % pour le capillaire.

 

 

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