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L'intérim en léger mieux mais encore en baisse

12.08.2013, source : Les Echos.fr

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Le contrôle des coûts explique les bons résultats des acteurs du marché de l’intérim. Plus que la reprise.

Le groupe suisse Adecco, numéro un mondial du travail temporaire, a enregistré un bénéfice net en hausse de 12 % ce trimestre, à 126 millions d’euros, mais principalement grâce à un contrôle de ses coûts. Son chiffre d’affaires s’est en effet inscrit en repli de 3 %, à 4,9 milliards d’euros. Et si, aux Etats-Unis, le spécialiste du placement de personnel a vu son chiffre d’affaires progresser de 3 %, à 960 millions d’euros, en revanche, en France, son premier marché, les recettes ont reculé de 12 %, à 1,2 milliard d’euros.

Un indicateur avancé

En juillet, son concurrent néerlandais Randstad avait fait état d’un bond de son bénéfice, lui aussi surtout grâce à des compressions de coûts qui avaient permis de compenser le tassement de ses recettes. L’américain Manpower Group a également affiché une nette hausse de son bénéfice, mais encore une fois grâce à ses efforts de restructuration.

Considéré comme un indicateur avancé du marché du travail, l’intérim ne redémarre toujours pas dans l’Hexagone. En juin, selon le baromètre de Prism’emploi, organisme qui regroupe 600 entreprises du secteur, l’emploi intérimaire s’est replié de 11,2 % par rapport à juin 2012. Sur le premier semestre, la baisse atteint 12,8 % par rapport à la même période de 2012, alors que cet indicateur s’est retourné depuis octobre 2011. « La tendance baissière est moins nette, mais persiste », souligne Sébastien Archi, directeur des affaires économiques de Prism’emploi. Aucune profession n’est épargnée, ni aucune qualification. Le secteur compte 470.000 salariés en équivalent temps plein (ETP), contre 525.000 en 2012 et 567.000 en 2011, et pourrait tomber à 430.000 emplois cette année.

Pourtant, mi-juillet, le gouvernement soulignait une reprise de l’intérim, avec une hausse de 2,6 % des emplois au premier trimestre 2013, après six trimestres consécutifs de baisse. « Cette activité cyclique doit être évaluée par rapport à la même période de l’année précédente, alors que le gouvernement a une approche séquentielle », nuance Sébastien Archi.

Pour la seconde moitié de l’année, Adecco observe pour sa part que les marchés du travail commencent à se stabiliser en Europe. « Nous voyons des signes plus positifs dans nos affaires », a déclaré Patrick de Maeseneire, son directeur général.

Martine ROBERT, Les Echos, 09/08/2013

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