L'intérim affiche son optimisme

2018-03-20T10:54:00+02:00

20.03.2018, 


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PME ou groupes internationaux, toutes les enseignes du secteur sont portées par une forte demande. Au point de modifier le rapport de force avec leurs clients.

Signe des temps, Triangle, entreprise familiale d'intérim, déjà présente en Espagne, s'implante en Belgique et au Luxembourg. Et son PDG, Jean Merafina, lorgne déjà la Hollande, l'Allemagne, la Suisse, le Portugal. Car pour ce professionnel qui réalise 330 millions d'euros de chiffre d'affaires, le cycle est durablement porteur. « C'est mon client Newrest, qui m'a incité à m'implanter en Belgique. La demande est vraiment forte pour le secteur de l'intérim et nous devons nous internationaliser davantage », explique l'homme d'affaires.

« Avec la crise, j'avais fermé 17 agences en 2009 et perdu 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Après une légère reprise en 2012, le marché avait replongé, mais depuis la fin 2015 il est vraiment reparti. Les années 2018 et 2019 seront très bonnes », assure-t-il.

Ce regain entraîne une pénurie de main-d'oeuvre pour les sociétés d'intérim. Jean Merafina parle même de « galère » pour trouver du personnel. Et qu'elles aient une majorité de « clients diffus », comme la PME  Triangle, ou une majorité de « grands comptes », à l'instar des géants mondiaux de type  Adecco , Manpower ou  Randstad , le problème est le même.

Embellie sur tout le territoire

« Nous enregistrons une pénurie de main-d'oeuvre et surtout une difficulté à trouver certaines compétences à l'intérieur de tel ou tel métier », confirme François Beharel, président de Randstad France. La société, qui avait enregistré un recul de son activité de 30 % suite à la crise de 2008, a retrouvé aujourd'hui le niveau qui était le sien avant ce retournement du marché. Après une croissance de 6,4 % en 2016 et de 8,5 % en 2017, Randstad affiche une progression de 8 % à 10 % depuis janvier.

Selon les dernières données émanant de l'observatoire Prisme, l'intérim dans son ensemble a enregistré en janvier et février une croissance de 8 % à 10 % et aucun signe d'essoufflement n'est à noter. L'industrie et le BTP connaissent ces rythmes de progression tandis que les transports et le e-commerce se targuent de hausses plutôt de l'ordre de 20 %.

Seuls le commerce, le tourisme, l'hôtellerie-restauration, sont plutôt sur des augmentations moindres, de 3 % à 5 %. Et la dynamique s'observe sur toutes les zones géographiques à l'exception de la Normandie. Elle est tirée en Bourgogne-Franche Comté par l'automobile et en Auvergne-Rhône Alpes par l'industrie.

Evolution des rapports de force

Et au-delà de l'intérim, le marché des cabinets de recrutement « sur performe » avec une croissance de 20 % et même de 37 % pour Randstad sur cette activité, portée par les grands comptes. La demande est telle que les sociétés d'intérim constatent même une évolution des rapports de force avec ces grands comptes qui avaient tendance à serrer au maximum les marges de leurs prestataires. Autre bénéficiaire de cette demande supérieure à l'offre : les candidats eux-mêmes, bien évidemment, qui peuvent avoir des exigences supérieures.

Martine Robert, Les Echos, Le 16/03/2018

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