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L'immobilier connaît une embellie, la construction devra patienter

03.09.2009, source : Les Echos.fr

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Le marché a salué vendredi les résultats semestriels de Bouy­gues en faisant bondir le cours de l'action de 9,14 %. Martin Bouygues ne voit pas de reprise de l'activité construction avant la fin de 2010, au plus tôt.

Le marché a applaudi vendredi les résultats semestriels de Bouy­gues en faisant bondir le cours de l'action de 9,14 %, à 35,09 euros. Ils se sont révélés supérieurs aux anticipations, bien que les résultats de TF1 et Colas aient déjà été publiés et que le résultat net du groupe ait baissé de 12 % sur un an, à 1,54 milliard d'euros. L'impression favorable a été confortée par l'analyse, vendredi, par Martin Bouygues, des perspectives d'activité.

Dans l'immobilier résidentiel, où le résultat net de Bouygues Immobilier n'a cédé que 2 %, à 60 millions, les réservations commerciales de logements ont progressé de 12 % d'un an sur l'autre, grâce au positionnement du groupe sur une offre d'entrée et de moyen de gamme éligible à l'avantage fiscal Scellier pour l'investissement locatif. « Les particuliers investisseurs locatifs forment les deux tiers de nos réservations. Ce sont donc bien les dispositions gouvernementales qui créent la demande, a analysé Martin Bouy­gues. Notre souci est de voir les ventes se rééquilibrer dans les prochains mois », par une remontée des ventes aux accédants à la propriété. Pas d'embellie, en revanche, dans l'immobilier de bureaux, où les réservations de Bouygues se sont effondrées de 76 % sur un an. « Le carnet de commandes est passé en un an de 1,5 milliard d'euros à 786 millions et va continuer à se réduire,estime le PDG. L'immobilier d'entreprise ne devrait pas redémarrer avant 2010. »


« La situation reste difficile »

Même horizon pour l'activité construction : « Les effets du plan de relance sur les prises de commandes ne sont pas attendus avant la fin de 2010 ou en 2011, car les procédures de réalisation des grandes infrastructures sont très longues, a expliqué Martin Bouygues, tout en soulignant la bonne résistance de cette activité. Si les prises de commandes ont baissé de 24 % sur un an, « leur niveau s'est stabilisé depuis septembre 2008 et le carnet des commandes probables reste important », a-t-il poursuivi sans cacher toutefois que le financement des grands projets par les banques restait très problématique. « C'est un peu mieux qu'il y a six mois, mais la situation n'a pas fondamentalement changé, elle reste difficile, a-t-il poursuivi. Dans certains pays, l'Etat se substitue aux banques pour financer une infra-structure qu'il souhaite réaliser. » La conjoncture restant marquée par la crise, le groupe se veut prudent dans ses développements. Tentera-t-il de remporter la construction d'une troisième centrale nucléaire EPR, projetée par le Royaume-Uni ? « Aucune décision n'est prise, nous étudierons la question lorsque l'appel d'offres sera lancé », a déclaré Martin Bouygues.

En revanche, concernant des acquisitions, le sujet est tranché. Quand bien même la crise offrirait des opportunités de rachat, « pour l'instant, nous ne sommes pas du tout dans une logique de croissance externe ».

Myriam Chauvot, Les Echos, 31/08/09

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