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L'immobilier commercial s'adapte aux besoins du commerce électronique

24.09.2012, source : Les Echos.fr

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L’ADN immobilier du commerce en ligne est en pleine mutation. « Certains sites marchands commencent à s’intéresser aux boutiques physiques », constate Olivier Bourgeois, PDG de Proxi-Business, consultant pour l’e-commerce. Dans le jargon des logisticiens, on appelle cela le « cross canal » ou « cross selling », c’est-à-dire une diversification des canaux de distribution ajoutant aux expéditions des colis à domicile la livraison dans des points relais ou dans les magasins de l’enseigne. « Il n’y a plus de concurrence entre la boutique et la vente en ligne mais une convergence. Ces modes de vente sont complémentaires car le client souhaite bénéficier d’une livraison à la carte » et ne pas être assigné à résidence en attendant ses achats, assure Alain Laidet, président du Salon E-Commerce Paris.

Plusieurs sites marchands cherchent ainsi à avoir pignon sur rue. Pixmania.com compte 21 magasins en Europe, dont 11 en France. Filiale de Casino, Cdiscount.com a ouvert 2 points de vente. « Ces emplacements relèvent plus d’opportunités foncières que d’un développement organisé », concède-t-on chez Casino. De son côté, LDLC, vendeur en ligne de produits high-tech, a récemment annoncé le lancement d’un réseau de franchisés. Les premières ouvertures interviendront en 2013, avec 15 points de vente prévus en 2015 et 40 en 2017. Le rachat, en janvier dernier, de RueduCommerce.com par le promoteur immobilier Altarea Cogedim, dessine l’étape suivante, « bâtir la première foncière multicanale » annonçait à l’époque l’auteur de cette OPA. « Les centres commerciaux détenus par Altarea pourraient, à terme, laisser un espace à ce portail d’enseignes sur le Net », anticipe un observateur. « Il existe de nouvelles pistes à explorer pour trouver une solution immobilière adaptée à l’e-commerce à mi-chemin entre l’entrepôt et le magasin traditionnel », reconnaît Gauthier Picquart, PDG de RueduCommerce.com.


L’immobilier logistique dopé

En attendant l’émergence de nouveaux concepts de magasins, les marchands du Web regardent de près « les meilleurs emplacements dans les villes », même pour des opérations ponctuelles. « Des surfaces avec un bail précaire, de courte durée, pour ouvrir un magasin éphémère pour un événement ou une vente flash. Ce besoin des acteurs de l’Internet est toutefois difficile à satisfaire car l’offre est réduite. Les bailleurs préfèrent des engagements plus longs », indique Chris Igwe, directeur du département « retail » chez CBRE.

A l’autre bout de la chaîne, la hausse du commerce en ligne, de 24 % entre 2011 et 2012, dope l’immobilier logistique. Depuis une décennie, la croissance exponentielle des ventes en ligne a alimenté la demande d’entrepôts. « Il faut toujours avoir des mètres carrés d’avance pour faire face aux pics de commandes, aux exigences des clients et pour répondre au volume d’activité qui ne cesse de croître », explique Christian Morin, président de Morin Logistic, une PME spécialisée dans les locaux adaptés à l’e-commerce (RueduCommerce.com, Spartoo.com, King-jouet.com, etc.). « Nous avons besoin de surfaces dédiées pour stocker davantage de références. Nous traitons 15 millions d’articles par an », indique Thierry Petit, PDG de Showroomprive.com. L’offre d’entrepôts traditionnels, répond à peu de chose près aux demandes de ces acteurs. « Ils procèdent tous aux mêmes aménagements, relève Bruno Montigny, responsable logistique du conseil Jones Lang LaSalle pour l’Ile-de-France et le Nord. Ils installent plusieurs niveaux de mezzanines et des locaux sociaux pour les préparateurs de commandes, souvent nombreux. »

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