Les secteurs

L'hôtellerie française joue sur les tarifs pour tenir ses marges

05.10.2013, source : Les Echos.fr

imprimer

2013 est une année contrastée pour l'hôtellerie française. La province souffre davantage que Paris. L'activité reste, par ailleurs, soutenue dans le luxe.

Publiées le 1er octobre, les dernières études des cabinets Deloitte et KPMG sur l'hôtellerie française font état de performances sectorielles contrastées en 2013, que masque néanmoins leur constat d'une stabilisation générale de l'activité.

Sur la base de son seul baromètre alimenté par les chaînes, KPMG observe ainsi un taux d'occupation inchangé pour les huit premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2012, à 65,5 % . Simultanément, la recette unitaire par chambre disponible (RevPAR) - indicateur de référence en matière de rentabilité - a augmenté pour l'ensemble des catégories, à l'exception des 4 étoiles pour lesquels elle s'est érodée (- 0,3 % ).

Mais, comme le montrent les dernières données de Deloitte, Paris fait toujours office de locomotive de l'hôtellerie tricolore, en dépit d'un tassement des taux d'occupation dans la capitale, tandis que la province continue de souffrir. A Paris, le RevPAR a augmenté pour l'ensemble des catégories d'hôtels, à l'exception notable du haut de gamme. Il est quasi à l'étale (- 0,3 % ) pour celui-ci, quand il a crû de 5,9 % dans le « grand luxe » et de 2 % à 3,2 % dans l'économique et le milieu de gamme. A contrario, indique Deloitte, la recette unitaire s'est contractée ou a diminué en province, exceptions faites du « grand luxe » (+ 3 % ) et de l'économique (+ 1,8 % ). De fait, pointe le cabinet, après un premier semestre difficile et un trou d'air en juillet ( « Les Echos » du 31 juillet), les derniers mois de l'année seront déterminants pour corriger la tendance sachant qu'un début de reprise a été relevé en août.

Une rentabilité préservée

Autre point important mis en exergue par KPMG et Deloitte : la revalorisation des prix a permis dans bien des cas de conforter ou de préserver la rentabilité des établissements. Toutefois, Deloitte constate une baisse de 1,9 % en cumul sur les huit premiers mois de l'année dans le segment économique, qui s'expliquerait par un souci des hôteliers de sécuriser les taux d'occupation. Cette tendance mérite d'autant plus d'être soulignée qu'elle tranche avec la pratique de ces dix dernières années.

Dans sa dernière étude annuelle, KPMG montre même que les catégories de 1 à 2 étoiles ont été celles qui ont connu la plus forte augmentation en rythme annuel sur la période 2001-2012 avec une croissance de 5,9 %, contre 1,78 % pour l'inflation. Au vu du baromètre du cabinet alimenté par les données des chaînes, celles-ci n'ont pas lâché de lest sur les huit premiers mois de l'année, en tout cas sur le segment zéro ou 1 étoile, lequel a été sujet à une hausse de 4,4 % …

Ce phénomène de revalorisation s'explique toutefois par les programmes de rénovation et l'incidence du nouveau classement hôtelier. La hausse de la TVA de 7 % à 10 %  est de nature à le conforter, surtout du côté des chaînes qui maîtrisent l'optimisation des tarifs.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 02/10/2013

Dernières actualités