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L'Etat réinvente un dispositif de soutien aux réseaux de PME

08.05.2010, source : Les Echos.fr

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Le gouvernement prévoit de soutenir au total une centaine de réseaux d'entreprises d'ici à 2011 afin de favoriser l'innovation et d'apporter de la complémentarité aux pôles de compétitivité.


Exit les districts industriels ou autres systèmes productifs locaux. Le gouvernement vient de lancer avec les « grappes d'entreprises » un nouveau dispositif de soutien aux réseaux de PME et TPE que l'on trouve par dizaines dans le pays. Fortement ancrées localement et liées de façon informelle autour d'un même type de production ou d'une même filière d'activité (le textile technique dans le Nord, l'instrumentation de mesure dans le Val-d'Oise, la transformation du métal dans la Haute-Marne, etc.), une première vague de 42 grappes vient d'être désignée.

Afin de « relancer une dynamique » initiée par la Datar en 1997, le ministère de l'Aménagement du territoire apporte aujourd'hui 20 millions d'euros sur deux ans à ce dispositif. Celui-ci servira à financer tout aussi bien l'animation de ces réseaux d'entreprises que des actions structurantes comme la création d'un groupement d'employeurs ou l'achat mutualisé d'équipements de production. « Ces 20 millions peuvent représenter environ 30 % du total des aides financières », estime Michel Mercier, ministre de l'Aménagement du territoire, car ces crédits devraient avoir un effet levier sur une aide publique qui sera complétée par d'autres ministères ainsi que par la Caisse des Dépôts et Oséo. Les collectivités, qui apportent déjà souvent leur soutien à ce type de réseaux, devraient également y abonder.


Porte de sortie pour les pôles

Ces « moteurs économiques locaux » dont le développement a souvent plus de mal à décoller que chez nos voisins -en particulier l'Italie ou les pays de l'Europe du Nord -émanent d'activités très diverses. La majorité des grappes sélectionnées à l'issue de ce premier appel à projets - un second sera lancé dans quelques jours afin d'atteindre au total en 2011 une centaine de grappes subventionnées -sont issues du secteur industriel, notamment de la mécanique (par exemple Mécaloire à Saint-Etienne), de l'agroalimentaire (Hortipole Var-Méditerranée), de l'emballage (Glass Vallée en Seine-Maritime) et des industries de la santé (PolePharma à Chartres). Les écotechnologies, la gestion de l'eau et l'économie numérique sont également bien placées dans le palmarès.

Les représentants des pouvoirs publics insistent sur le caractère complémentaire des grappes d'entreprises avec les pôles de compétitivité. « Les grappes sont davantage ancrées dans les territoires que les pôles de compétitivité et leurs liens avec le monde de la recherche sont moins forts », fait remarquer François Drouin, président d'Oséo, un des principaux financeurs des pôles de compétitivité, pour expliquer la différence entre les deux types de « clusters ». Michel Mercier ne cache d'ailleurs pas que la grappe d'entreprises pourrait « offrir une porte de sortie aux pôles de compétitivité délabellisés ». Le gouvernement doit en effet très prochainement, à l'occasion d'un point d'étape sur la politique nationale lancée il y a près de cinq ans dans ce domaine, faire sortir du dispositif quelques-uns des pôles de compétitivité qui ne seraient toujours pas parvenus à répondre aux critères de départ.

Philippe Moreau, Les Echos, 05.05.2010

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